Google a ouvert le 21 septembre 2026 les précommandes pour ses premiers Googlebook, une nouvelle famille d’ordinateurs portables basés sur Android et les fondations de ChromeOS. Cinq modèles signés Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo arrivent en France le 5 octobre, à partir de 1 099 €. Google y met en avant Gemini, Lightroom et Photoshop. Reste à savoir ce que cela vaut pour un photographe.

Sommaire
Le successeur haut de gamme du Chromebook
La plateforme n’est pas une surprise : Google l’avait annoncée le 12 mai 2026 lors de l’Android Show, avec ses cinq partenaires, mais sans dévoiler la moindre machine. Ce sont donc les premiers Googlebook eux-mêmes, avec leurs prix et leur date de sortie, qui ont été présentés le 21 septembre.






Ils tournent sous Googlebook OS, un système issu d’Android auquel Google ajoute le navigateur Chrome dans sa version pour ordinateur, une vraie gestion des fenêtres et la sécurité Titan des Chromebook. Le catalogue d’applications Android du Play Store s’y exécute nativement, avec clavier et souris.


Google impose un socle commun à ses partenaires : 16 Go de RAM minimum, écran tactile, puces Intel Core Ultra Series 3 ou Snapdragon X Elite avec NPU de plus de 45 TOPS, autonomie annoncée jusqu’à 16 heures en navigation web et 10 ans de mises à jour.


Cinq modèles, quatre ordinateurs avec écran OLED
Sur cette base commune, chaque constructeur décline son format. Quatre des cinq machines adoptent une dalle OLED 2,8K tactile, seul Dell restant sur du LCD :
- HP Googlebook 14 : Snapdragon X Elite, 16 ou 32 Go, 512 Go ou 1 To, 1,24 kg, jusqu’à 19 h d’autonomie, reconnaissance faciale et lecteur d’empreintes
- Acer Googlebook 14 : seul convertible 360° de la gamme, écran 500 nits compatible stylet USI 2.0, Core Ultra 5, 16 Go, 256 ou 512 Go, 1,14 kg
- Lenovo Googlebook 15 : le plus grand format, 15,3 pouces, Core Ultra 5, 16 Go, 256 ou 512 Go, 1,29 kg, Dolby Atmos
- Asus Googlebook 14 : le plus léger à 0,99 kg, Core Ultra 5 ou 7, 16 Go, 256 ou 512 Go, deux USB-A et une sortie HDMI
- Dell XPS Googlebook : 13,4 pouces LCD 2,5K, 100 % DCI-P3, 500 nits, 30-120 Hz, Snapdragon X Elite, 1,0 kg


Gemini partout, jusque dans le curseur
Au-delà du matériel, c’est l’IA qui fait la différence avec un Chromebook. Google présente le Googlebook comme le premier portable « conçu pour Gemini Intelligence », et l’assistant s’invite à chaque étage du système.
La fonction phare s’appelle Magic Pointer : il suffit d’agiter le curseur pour faire surgir Gemini, avec son champ de saisie, sur l’élément pointé. L’assistant comprend le texte, les images et le contexte affichés. Google cite la planification d’un agenda depuis une page web, l’analyse d’un e-mail suspect, ou la sélection d’un lot d’images pour demander à Gemini de les combiner en un seul visuel, sans téléchargement ni prompt. Selon Google, Magic Pointer ne s’active qu’à la demande et reste inactif le reste du temps.
Le clavier gagne aussi une touche Rambler : une dictée vocale qui nettoie les hésitations, structure les notes en listes et passe d’une langue à l’autre en cours de phrase. Create My Widget génère des widgets de bureau à partir d’une simple description, et Gemini Spark poursuit une tâche complexe en arrière-plan, même écran refermé. Les suggestions proactives, Gemini Live et les automatisations déjà présentes sur Android et Chrome complètent l’ensemble.
Le lien avec le smartphone passe par le même socle Android : Continue On reprend une tâche commencée sur mobile, Cast My Apps affiche les applications du téléphone dans une fenêtre et l’application Files donne accès direct aux photos du smartphone, sans câble. Ces fonctions exigent un téléphone sous Android 17 ou ultérieur.
Lightroom et Photoshop, en version Android
Côté retouche, le discours de Google mérite d’être décodé. Les logiciels Lightroom et Photoshop cités sont les applications Android du Play Store, pas Lightroom Classic ni le Photoshop complet pour Windows et macOS. Sur Android, la retouche des fichiers RAW dans Lightroom passe notamment par l’abonnement Premium à 9,99 $ par mois.
Capture One, DxO PhotoLab ou Affinity Photo n’existent pas sur cette plateforme. Un environnement Linux isolé est bien présent, ce qui ouvre en théorie la porte à Darktable ou RawTherapee, sans garantie sur les performances.
Autre limite, plus concrète : aucun des cinq modèles n’embarque de lecteur de cartes SD. L’Acer et le HP se contentent même de ports USB-C, quand l’Asus et le Lenovo ajoutent USB-A et HDMI. Un lecteur externe sera donc obligatoire, et le stockage plafonne à 512 Go sur la plupart des modèles, 1 To chez HP.


Prix et disponibilité de Googlebook
Les précommandes sont ouvertes depuis le 21 septembre sur le Google Store et chez certains revendeurs, pour une disponibilité le 5 octobre en France. En France, la gamme débute entre 1 099 à 1 399 €, selon les configurations choisies :
- HP Googlebook 14 : 1 099 €
- Acer Googlebook 14 : 1 199 €
- Lenovo Googlebook 15 : 1 349 €
- Asus Googlebook 14 : 1 399 €
Le Dell XPS Googlebook, affiché à 1 199 $ outre-Atlantique, ne semble pour l’instant pas figurer pas au catalogue français.
Chaque Googlebook inclut 12 mois de Google AI Pro avec 5 To de stockage cloud, facturé ensuite 19,99 $ par mois, trois mois de Photoshop, YouTube Premium et CapCut, et un an de GeForce Now et Luminar.
Notre premier avis
Le Googlebook n’est ni un Chromebook rebaptisé, ni un concurrent frontal du MacBook Air. C’est autre chose : le premier ordinateur pensé pour prolonger un smartphone Android, avec un écran OLED 2,8K, un vrai clavier, des fenêtres côte à côte, Chrome complet et l’accès direct aux fichiers du téléphone.
Là où la tablette Android butait, le Googlebook ajoute la puissance, 16 Go de RAM, la connectique Thunderbolt et dix ans de mises à jour. Gemini, du curseur au clavier, est la couche que ni la tablette ni le PC classique n’offrent aujourd’hui.


La limite la plus sérieuse reste l’absence de logiciels de bureau complets. Les versions mobiles de Photoshop, Lightroom ou Premiere sont bien là, mais elles n’en remplacent pas les éditions pour ordinateur.



