Test Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art : plus compact et plus piqué

Dévoilé en février 2026, le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art est la troisième version d’un objectif phare pour hybrides plein format. Il mise notamment sur une formule optique entièrement revue et un gabarit réduit. Cette focale fixe dispose aussi d’un autofocus plus réactif afin d’accompagner au mieux les photographes équipés d’un boîtier en monture E ou L.

Sur le terrain, quel niveau de performances pouvons-nous obtenir avec cette focale fixe lumineuse ? De la Provence à Londres, réponse dans notre test du Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art.

Une cure de jouvence pour l’une des optiques incontournables de Sigma

Au sein du catalogue de Sigma, la focale 35 mm f/1,4 possède une histoire particulière. Lancée initialement en 2012, elle a inauguré la gamme Art, permettant à l’opticien de se tourner vers le haut de gamme des objectifs reflex.

Le Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM Art, vu ici en monture Sony E

En2018, Sigma a décliné cet objectif reflex en monture Sony E. Puis, au printemps 2021, l’opticien a décliné la première version conçue spécifiquement pour les hybrides, arborant une dénomination « DG DN » (A021). C’est à cette optique que succède le nouveau « DG II Art » (A026).

Proposée en monture E (Sony) et L (Leica, Panasonic, Sigma), elle repose sur une formule optique renouvelée, afin de répondre aux exigences des capteurs très définis. Elle se dote ainsi de 15 éléments répartis en 12 groupes (soit un groupe supplémentaire par rapport à l’ancienne version). On dénombre 4 lentilles asphériques et 2 lentilles SLD pour accroître l’homogénéité et réduire les aberrations.

L’ouverture lumineuse à f/1,4 est assurée par un diaphragme circulaire à 11 lamelles. L’autofocus est assuré par une motorisation HLA. La distance minimale de MAP est de 28 cm.

Voici la liste des caractéristiques du Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art :

  • focale : 35 mm (52 mm en APS-C)
  • objectif pour capteur : plein format
  • ouverture max : f/1,4
  • ouverture min : f/16
  • angle de champ : 63,4°
  • construction optique : 15 éléments répartis en 12 groupes (dont 2 lentilles SLD, 4 lentilles asphériques)
  • diaphragme : circulaire, 11 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 28 cm
  • stabilisation d’image : non
  • tropicalisation : construction résistante à l’humidité et à la poussière
  • grossissement max : 0,18x
  • mise au point : autofocus, double moteur linéaire HLA
  • diamètre du filtre : ø 67 mm
  • dimensions : ø 73 x 96 mm (Sony E) ; ø 73 x 94 mm (L-Mount)
  • poids : 525 g (Sony E) ; 530 g (L-Mount)
  • accessoires fournis : pare-soleil, bouchons avant et arrière
  • monture compatible : Sony E, L-Mount
  • prix au lancement : 999 € (février 2026)

Ergonomie et prise en main

L’un des points forts de ce Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art concerne son gabarit, bien plus réduit que celui de l’objectif qu’il remplace. En effet, cette 2e itération affiche 9,6 cm de long et un diamètre maximal de 7,3 cm. À comparer aux 10,9 cm de long et 7,5 cm de diamètre de la version de 2021. De même, on apprécie les efforts consacrés à la réduction du poids, qui passe de 640 g à 525 g.

Monté sur un Sony A7 IV, l’ensemble atteint 1,18 kg et se montre agréable à utiliser (ou à transporter). Citons aussi le diamètre courant de filtre de 67 mm.

Côté ergonomie, on dispose d’une large bague de mise au point et d’une bague d’ouverture (décrantable). Il reprend par ailleurs des commandes habituelles de la série Art : 

  • Un commutateur AF/MF ;
  • Un commutateur pour (dés)activer les clics de la bague d’ouverture ;
  • Un loquet de verrouillage de la bague de diaphragme ;
  • Deux boutons personnalisables placés à 90°.

Les finitions sont très soignées. Le fût mêle métal et plastique et offre une indéniable sensation de qualité. Des joints d’étanchéité le protègent contre les projections d’eau et la poussière. La lentille frontale est traitée au fluor pour faciliter son nettoyage.

L’objectif est fourni avec un large pare-soleil en corolle, tout aussi qualitatif… mais un poil volumineux !

Qualité d’image du Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art

Nous avons testé le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art sur les Sony A7C R et A7 IV, équipés respectivement d’un capteur de 61 Mpx et 33 Mpx.

N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en plus grand.

Joel (mais pas Billy) – Sony A7C R | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/200 s | ISO 100
Sur les pans de la montagne Sainte-Victoire – Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/5000 s | ISO 100
Au départ du Frioul – Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/160 s | ISO 12800

Sensation de piqué et homogénéité

En termes de qualité d’image, le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art livre des performances optiques de haute volée. On retrouve la signature colorimétrique de Sigma, toujours aussi plaisante, aux contrastes profonds et aux teintes douces.

Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/8000 s | ISO 100
Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 3,2 | 1/500 s | ISO 100

La sensation de piqué est particulièrement élevée, dès la pleine ouverture. Nul besoin de fermer le diaphragme pour accroître la netteté. Même à f/11, le niveau de performances reste très bon. De même, l’homogénéité est excellente de f/1,4 à f/5,6, et toujours très bonne de f/8 à f/16. La copie rendue par Sigma est impeccable.

Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 5,6 | 1/640 s | ISO 100
Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 10 | 1/160 s | ISO 100

Distorsions et aberrations

Les aberrations chromatiques, les distorsions et le vignettage sont corrigés automatiquement par le boîtier (sur les JPEG) et par nos logiciels de post-traitement (sur les RAW).

Dans la pratique, les aberrations chromatiques sont très bien gérées optiquement. On observe seulement d’infimes franges roses sur les zones les plus périphériques de l’image, aisément corrigeables par nos logiciels.

De même, les distorsions sont très bien gérées. Aucune déformation en barillet n’est à noter. En revanche, le vignettage est un sujet plus problématique. À la pleine ouverture (f/1,4), l’assombrissement de l’image est très marqué (presque 2 IL)… et ne se limite pas aux coins ! Heureusement, il est un peu moins présent dès f/2 et se corrige facilement.

Le ghosting est totalement absent ; le flare est très bien maîtrisé. Les (très rares) artefacts roses ou verts sont extrêmement discrets. Concernant le starburst, il apparaît dès f/4.

Seul exemple d’artefact lié au flare – Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 13 | 1/160 s | ISO 400

Distance minimale de mise au point et bokeh

L’un des aspects les plus saillants de ce 35 mm concerne (évidemment) son ouverture à f/1,4, qui permet de jouer avec aisance sur la profondeur de champ.

Sur le terrain, l’effet bokeh est très agréable à l’œil. La moindre source de lumière à l’arrière-plan se transforme en une petite bulle très esthétique. Les transitions sont particulièrement douces et progressives. La décomposition des plans est très harmonieuse. Certes, les esprits taquins noteront que l’effet d’œil de chat est assez marqué en périphérie de l’image. Heureusement, l’effet onion ring est absent.

Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/160 s | ISO 2000

Compte tenu de sa focale assez courte, l’objectif permet de se livrer facilement à la photographie de portrait environnemental, qui laisse davantage respirer le sujet dans son environnement.

Sony A7 IV | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/3200 s | ISO 100

Enfin, la distance minimale de MAP de 28 cm permet de capturer des plans rapprochés très esthétiques. Les amateurs de proxiphoto seront aux anges.

Sony A7C R | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/320 s | ISO 500

Autofocus du Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art

L’autofocus du Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art repose sur une double motorisation HLA (High-response Linear Actuator). Déjà éprouvée sur la plupart des objectifs récents de la marque, elle est conçue pour offrir une réactivité améliorée, ainsi qu’un parfait silence de fonctionnement en vidéo. Sigma annonce également un focus breathing réduit en vidéo.

Sur le terrain, il s’avère un excellent allié pour le reportage, la photo de rue ou les portraits environnementaux. Sa motorisation est pleinement compatible avec les modes de détection et de suivi automatiques du sujet et la MAP sur l’œil est effectuée avec précision, et sans délai, même lorsque le sujet principal n’occupe qu’une petite place dans le cadre.

Sony A7C R | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/2500 s | ISO 100

De même, l’objectif se montre parfaitement à l’aise en basse lumière (hors conditions extrêmes). Enfin, sans surprise, l’objectif fait l’impasse sur la stabilisation optique et se repose donc sur l’IBIS du boîtier.

Sony A7C R | Sigma 35 mm f/1.4 DG II Art | 35 mm | ƒ / 1,4 | 1/320 s | ISO 1250

Retrouvez ci-dessous une galerie de photos capturées avec le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art :

Face à la concurrence

La focale 35 mm est un incontournable de tous les parcs optiques. Même si l’on réduit le champ aux seules optiques en monture E ouvrant à f/1,4, les alternatives sont toujours assez nombreuses. Le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art doit donc rivaliser avec les propositions suivantes :

  • Sony FE 35 mm f/1,4 GM : la référence native de Sony. Compact et léger, il séduit par son excellent piqué dès la pleine ouverture, et son AF réactif. Seul vrai bémol : un tarif plutôt premium de 1699 €.
  • Samyang AF 35 mm f/1,4 P FE : l’alternative la plus légère et la plus abordable. Ses performances au centre sont très correctes, mais son homogénéité est perfectible et son AF n’est pas aussi réactif. Il se rattrape avec un tarif attractif de 519 €.
  • Sirui Aurora FF 35 mm f/1,4 AF : avec sa construction tout en métal, son piqué élevé et son tarif très doux de 649 €, cet objectif a de quoi séduire. Notez qu’il est également disponible en monture L.
  • Zeiss Otus ML 35 mm f/1,4 : il offre un excellent piqué à f/1,4 et des angles très propres, mais sa gestion des aberrations chromatiques est perfectible. Sa mise au point manuelle, son poids élevé (700 g) et son tarif de 2399 € le placent dans une autre catégorie !
  • Sigma 35 mm f/1,4 DG DN Art :la version de 2021 reste dans la course avec de solides performances optiques, un bokeh d’une grande douceur et un AF réactif. Il doit néanmoins composer avec un piqué perfectible à f/1,4, un poids élevé et un tarif de 829 € encore un peu élevé.

Notez que Viltrox a annoncé en mai 2026 l’arrivée d’une optique AF 35 mm f/1,4 Pro. Si ses performances optiques et AF sont à la hauteur de l’AF 85 mm f/1,4 Pro, l’objectif de Sigma trouvera ici un concurrent de taille.

Enfin, comme indiqué plus haut, le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art est également disponible en monture L. Toutefois, le choix est bien plus restreint sur cette monture, la seule concurrence directe étant incarnée par le Sirui Aurora FF 35 mm f/1,4 AF cité ci-dessus.

Conclusion

Avec ce 35 mm f/1,4 DG II Art, Sigma ne s’est pas contenté d’une simple mise à jour de son optique de 2021, mais a gommé la quasi-totalité des petits défauts qui pouvaient nous chagriner.

La nouvelle formule optique lui permet de livrer des performances extrêmement élevées, dès la pleine ouverture, ainsi qu’une remarquable homogénéité. De plus, l’effet bokeh reste tout aussi plaisant. La motorisation AF s’avère très réactive. Du côté de l’ergonomie, la réduction du poids est bienvenue et l’objectif est très agréable à utiliser. Seule la gestion du vignetage reste perfectible.

Il ne reste finalement que la question de son tarif. Proposé à 999 €, l’objectif de Sigma offre un bon rapport qualité-prix. Mais en face, le Viltrox AF 35 mm f/1,2 LAB, certes plus gros et plus lourd, offre une ouverture encore plus lumineuse… pour 30 € de moins.

Quoi qu’il en soit, le Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art offre une solution très séduisant pour la photo (et la vidéo) de reportage, de portrait environnemental ou de voyage. Et nous le recommandons sans hésiter.

Vous pouvez retrouver cet objectif chez Digit-PhotoMN Photo VidéoDigixoCamaraPhoto-UniversIPLNPanajou, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées.

Test Sigma 35 mm f/1,4 DG II Art : plus compact et plus piqué
Fabrication / finitions
9.1
Ergonomie
8.7
Qualité d'image
9.5
Qualité du Bokeh
9.2
Vitesse de l'autofocus
8.5
Fonctionnalités
8.5
Rapport qualité-prix
8.4
Points forts
Excellent qualité d'image dès f/1,4, excellente homogénéité
Effet bokeh particulièrement réussi, transitions d'une grande douceur
Excellente gestion des aberrations
Autofocus réactif
Finitions soignées et bonne protection contre les intempéries
Contrôles manuels bien pensés
Points faibles
Vignettage très prononcé à la pleine ouverture
9
sur 10