Lancé en juin 2026, le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 vient compléter la trilogie des zooms ouvrant à f/2,8 et conçus en collaboration entre le constructeur sud-coréen et l’opticien allemand Schneider-Kreuznach.
Adoptant une plage focale inédite pour un télézoom, cette optique pour les hybrides en monture E et L veut aussi se démarquer grâce à son gabarit contenu, son tarif abordable, tout en proposant une qualité optique à la hauteur de la concurrence. Dans la pratique, cette promesse est-elle tenue ? La réponse dans notre test complet du Samyang AF 60-180 mm f/2,8.

Sommaire
Un trio de zooms lumineux enfin au complet
Présenté près de dix mois avant son lancement à l’IBC 2025, le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 se sera fait désirer. Il s’agit donc du dernier membre de la trilogie de zooms ouvrant à f/2,8, initiée en avril 2025 avec l’AF 14-24 mm f/2,8 FE et poursuivie à l’automne de la même année avec l’AF 24-60 mm f/2,8 FE.
Ce nouveau zoom, avec sa plage focale débutant à 60 mm, complète idéalement l’AF 24-60 mm. Ce faisant, il voit plus large que son grand rival, le Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VC VXD G2, et offre de surcroît une plage focale encore jamais vue sur du plein format. Cette petite touche d’originalité n’est pas pour nous déplaire !




Enfin, si l’on voulait être le plus rigoureux possible, on pourrait mentionner le Nikon IX-Nikkor 60-180 mm f/4,5-5,6, lancé en 1996. Toutefois il s’agissait d’un zoom pour reflex avec une petite pellicule APS et le coefficient multiplicateur de 1,25x donnait un 75-225 mm en équivalent 24×36.
Cette optique marque donc aussi le troisième développement en partenariat avec l’opticien germanique Schneider-Kreuznach. Une entreprise à l’aura moins connue que Zeiss ou Leica, mais dont les origines remontent à 1913 et qui apporte un gage de qualité supplémentaire aux derniers zooms Samyang.

Pour garantir une image de haut vol, Samyang a opté pour une formule de 17 éléments répartis en 14 groupes, dont 10 lentilles spéciales. On note ainsi sept verres ED, deux lentilles asphériques et un verre HR.

L’ouverture f/2,8 est assurée par un diaphragme à 9 lamelles. La distance minimale de MAP est relativement courte, avec 35 cm à 60 mm et 79 cm à 180 mm. Le rapport maximal de grossissement de 0,26x est cependant atteint au grand-angle. L’objectif est équipé d’un moteur STM linéaire, mais ne dispose pas de stabilisation optique.

Voici la liste des caractéristiques du Samyang AF 60-180 mm f/2,8 :
- plage focale : 60-180 mm (équivalent 90-270 mm en APS-C)
- objectif pour capteur : plein format
- ouverture max : f/2,8
- ouverture min : f/22
- angle de champ : 39,6-13,7°
- construction optique : 17 lentilles réparties en 14 groupes, dont 1 lentille HR, 7 lentilles ED et 2 lentilles asphériques
- diaphragme : 9 lamelles
- distance minimale de mise au point : 35 cm (60 mm) / 79 cm (180 mm)
- stabilisation d’image : non
- tropicalisation : résistant à la poussière et aux projections d’eau
- grossissement max : 0,26x (60 mm) / 0,21x (180 mm)
- mise au point : motorisation STM linéaire
- diamètre du filtre : 77 mm
- dimensions : ø 86,7 mm x 149 mm
- poids : 730 g
- accessoires fournis : bouchons avant et arrière, pare-soleil
- montures compatibles : Sony E, monture L
- prix au lancement : 999 € (E, juin 2026) / 1049 € (L, août 2026)
Ergonomie et prise en main
Avec ses 730 g et ses 14,9 cm de long, le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 se démarque comme étant le télézoom f/2,8 le plus léger et le plus petit au catalogue des montures E et L, voire toutes montures confondues. De ce point de vue, la prouesse du coréen est bien réelle.

Néanmoins, l’objectif paraît assez dense et trapu une fois en main. La faute à un diamètre maximal de 8,7 cm plutôt généreux. À tel point que l’on en vient à regretter que Samyang n’ait pas réussi à diminuer encore davantage les mensurations de son objectif !

Ses mensurations sont plus réduites que celles du Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VC VXD G2. Il est même plus léger que le 70-180 mm de Tamron de 1e génération, pour un gabarit relativement similaire. Sans surprise, le zooming ne se fait pas en interne : comptez 2,5 cm de plus à fond de zoom (et 4 cm avec le pare-soleil).


Monté sur un Sony A7/A1, l’objectif offre un bon équilibre. Les lentilles sont majoritairement positionnées vers l’arrière. L’ensemble ne tire pas trop vers l’avant, ce qui rend les longues sessions (reportage, photo de sport) moins fatigantes. Sur un boîtier Lumix plus imposant l’équilibre sera même encore meilleur.

Samyang a toujours recours au polycarbonate, pour des finitions identiques à celles des 24-60 mm et 14-24 mm f/2,8. Les trois sont bien assortis, mais il est dommage que le zoom transstandard (24-60) n’adopte pas le même diamètre de filtre 77 mm que les deux autres optiques, puisqu’il offre un diamètre de… 72 mm.
Samyang aurait pu prendre exemple sur Tamron qui équipe la quasi-totalité de ses optiques de filtres de 67 mm, pour plus de cohérence. Signalons enfin le subtil liseré bleu qui entoure la lentille frontale.

L’optique est dotée de deux bagues pour le zoom et la mise au point. La première offre une course manquant de souplesse, mais heureusement assez courte. On peut donc passer d’une extrémité à l’autre assez facilement. Un loquet permet de verrouiller la bague à 60 mm, mais on se demande bien s’il est très utile : même en secouant l’objectif, il ne se déploie pas (du tout) sous son propre poids.


La bague de MAP propose un retour tactile bien plus agréable, avec une course très précise. Sur le flanc gauche, on trouve un commutateur AF/MF ainsi qu’un bouton personnalisable. Un port USB-C est installé sous le fût pour d’éventuelles mises à jour. Pour garantir une protection contre l’eau et la poussière, on note la présence de plusieurs joints d’étanchéité.


Performances et qualité d’image
Pour tester ce zoom Samyang, nous l’avons principalement utilisé sur un Sony A1 au capteur plein format de 50 Mpx.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en qualité optimale.



La focale 60-180 mm est assez polyvalente, et offre une alternative intéressante au classique 70-200 mm. De fait, comme nous l’aurions fait avec un zoom équivalent, nous avons surtout utilisé cet objectif Samyang pour de la photographie animalière et de sport.

Le zoom Samyang s’est acquitté de cette tâche sans trop de difficulté, livrant une image très correcte. Les clichés issus du boîtier offrent une restitution des couleurs acceptable, même si parfois un peu terne à notre goût. Par moments, Samyang oblige, certaines teintes peuvent aussi virer au magenta, même si cela est plus mesuré qu’avec d’autres objectifs de la marque.

Aussi, pour rehausser un peu les contrastes et la saturation des couleurs, nous n’avons pas hésité à utiliser les profils d’image intégrés aux boîtiers Sony, tels « Vivid » (VV), « Soft Highkey » (SH), ou encore « Film Look » (FL).


Sensation de piqué et homogénéité
Au global, Samyang et son allié teuton livrent une copie très honorable, mais qui manque d’homogénéité.

À 60 mm, le piqué est très bon dès la pleine ouverture f/2,8 et au centre de l’image. Toutefois, les coins souffrent d’une mollesse assez nette.

Et, si le centre s’améliore dès que l’on ferme d’un cran à f/4, il faut attendre f/5,6 pour voir une hausse du piqué aux bords du cliché. L’homogénéité se maintient jusqu’à f/8 avant de décliner naturellement au-delà.

En allongeant la focale à 135 mm, on observe un comportement similaire, mais avec une homogénéité en progrès.

Tout cela s’améliore encore davantage en poussant jusqu’à 180 mm, où le zoom donne alors le meilleur de lui-même dès f/4, avec un excellent piqué au centre de la photo et des coins bien nets.

En clair, l’objectif offre de meilleures performances à fond de zoom qu’au grand-angle… alors que bon nombre de zooms font l’inverse.
Distorsions, aberrations et vignettage
En ce qui concerne les distorsions, le zoom de Samyang n’est pas le meilleur élève du marché. À 60 mm, on décèle des distorsions assez légères en forme de barillet. Ces déformations se transforment par la suite en distorsions en coussinet. Relativement contenues à 100 mm, elles sont très visibles à 180 mm.



Si les corrections intégrées aux boîtiers Sony peuvent globalement compenser le phénomène sur les JPEG, il n’en est pas de même sur les RAW, où l’absence de profils dédié dans nos logiciels de développement (à l’heure de notre test) oblige à corriger manuellement chaque fichier.
Une fois n’est pas coutume, cette optique Samyang offre une plutôt bonne résistance aux aberrations chromatiques longitudinales. Si on en décèle des traces à f/2,8 et à 60 mm, les dérives vertes ou violettes disparaissent vite et à f/5,6, les images ont retrouvé un excellent contraste.


À mi-zoom 135 mm, les aberrations sont virtuellement absentes des fichiers. À 180 mm toutefois, on peut observer quelques franges résiduelles, mais celles-ci sont assez modérées et ne sont plus un problème dès f/4.
La gestion du vignettage par ce zoom AF 60-180 mm f/2,8 FE est atypique. Classiquement, le vignettage est plus marqué à f/2,8 et tend à s’estomper avec la fermeture du diaphragme pour disparaître totalement à f/8. Mais, ce qui est plus surprenant, c’est que ce vignettage est plus présent à mesure que l’on zoome, pour atteindre son pic à 180 mm.



L’assombrissement des coins est alors bien prononcé et comme pour les autres focales, il faut attendre f/8 pour retrouver une luminosité homogène sur toute la surface.
Distance minimale de mise au point et bokeh
Entre l’ouverture plutôt lumineuse f/2,8, des focales assez longues et une distance de mise au point raccourcie, le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 FE permet de détacher avantageusement les sujets.

Le flou est vraiment doux et progressif, offrant un rendu très agréable à l’œil.

Pour autant, les amateurs de bulles de bokeh bien rondes sur l’intégralité de l’image seront peut-être un peu frustrés. Si les sphères sont régulières tout au centre du cliché, elles adoptent rapidement une forme irrégulière et l’œil de chat fait vite son apparition. Cependant, l’effet d’onion ring est absent.

Au final, l’effet bokeh s’avère très esthétique et nous avons beaucoup apprécié le flou proposé par ce zoom Samyang.

Autofocus
Le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 FE embarque une classique motorisation STM linéaire. Elle s’avère suffisant pour des éléments rapprochés et statiques, mais peut manquer un peu de célérité pour les sujets aux mouvements rapides, comme des animaux ou des cyclistes.

Pour une optique à vocation sportive (le 70-200 mm étant après tout l’optique reine en la matière), cet autofocus s’avère un peu décevant.

Bien évidemment, on n’attend pas le même niveau de précision AF avec ce zoom à 1 000 € qu’avec une optique plus haut de gamme, mais on aurait pu espérer que Samyang dope un peu les moteurs AF de son objectif.

De même, à cause des limitations imposées par Sony aux optiques tierces, la cadence en rafale est limitée à 15 i/s au maximum avec les boîtiers A1, A9, A7 V et A7R VI. Un grief bien connu, auquel Samyang ne peut pas grand-chose. De plus, on pourra parier que rares seront les possesseurs d’A9 III à investir dans cet AF 60-180 mm f/2,8 FE. Notez que cette limitation n’existe pas sur un hybride Panasonic comme un Lumix S1 II et sa rafale à 70 i/s !

Stabilisation : tout repose sur le boîtier
Comme ses deux frères de la trilogie, ce 60-180 mm fait l’impasse sur la stabilisation optique. Un choix cohérent, puisque Samyang voulait contenir le poids et le tarif, mais qui laisse le boîtier seul aux commandes.
Avec un Sony A1 ou un A7 IV, dont les capteurs annoncent 5,5 stops, nous avons pu compter sur un gain d’environ 4 stops, et ce à toutes les focales. Concrètement, cela permet de descendre jusqu’à 1/4 s à 60 mm et 1/15 s à 180 mm en conservant un taux de réussite correct. Au-delà, le taux de déchet grimpe rapidement et mieux vaut renoncer.

Ces valeurs sont suffisantes pour la plupart des situations. Mais on touche ici aux limites de l’exercice : à 180 mm et en intérieur, la marge devient étroite, là où un Tamron 70-180 mm G2 et sa stabilisation optique offrent une sécurité supplémentaire.
Les possesseurs de boîtiers plus récents s’en sortiront nettement mieux. Les A7 V, A7R VI et autres A1 II ont vu leur stabilisation capteur progresser de façon spectaculaire, jusqu’à 8 stops annoncés. Il en va de même avec des Lumix S1 II ou encore S1R II. De quoi gommer en grande partie ce manque, et rappeler que ce zoom donnera le meilleur de lui-même associé à la dernière génération d’hybrides Sony.
Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Samyang AF 60-180 mm f/2,8 FE :



















Face à la concurrence
Du fait de sa plage focale atypique, il est possible d’identifier plusieurs concurrents plus ou moins directs à ce zoom Samyang AF 60-180 mm f/2,8, que ce soit en monture E et L.
- Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VC VXD G2 : offrant une plage focale toute aussi atypique, cette deuxième version – stabilisée – propose une construction allégée, plus aboutie et a vu son niveau de netteté rehaussé. Un excellent choix vendu 1 199 €.
- Sigma 70-200 mm f/2,8 DG DN OS Sports : ce télézoom (en monture E et L) propose un niveau de finitions aussi élevé que son piqué. Il constitue une excellente référence, mais reste un peu lourd pour un zoom (moderne) de ce type. Il est vendu pour 1 679 €.
- Sony FE 70-200 mm f/2,8 GM OSS II : le télézoom « idéal » n’a rien perdu de sa superbe depuis son lancement en octobre 2021. Objectif presque parfait, il offre une ergonomie très réussie. De plus, le piqué est excellent dès f/2,8 et l’autofocus se montre sans faille. Un zoom pro encore affiché à son prix de lancement de 2 990 €.
- Sony FE 50-150 mm f/2 GM : dans un tout autre niveau de prix, ce zoom pousse la logique du zoom lumineux à son extrême avec une ouverture constante f/2 et un piqué remarquable dès la pleine ouverture. Mais ses 1 340 g et surtout ses 4 399 € le réservent à une clientèle professionnelle. Lui non plus n’est pas stabilisé.
- Panasonic Lumix S PRO 70-200 mm f/2,8 Leica O.I.S. : ce zoom Lumix tire son épingle du jeu par son piqué bien présent au centre à toutes les focales, distorsion et vignettage maîtrisés, et un bokeh séduisant. Reste un gabarit bien imposant (20,86 cm de long, 1,5 kg) et un tarif de 2 199 €, bien supérieur à notre Samyang.
- Leica Vario-Elmarit SL 70-200 mm f/2,8 ASPH : ce Leica reprend virtuellement toutes les caractéristiques du Sigma 70-200 mm f/2,8 DG DN OS Sports, mais vendu deux plus moins cher. À 3 319 €, son tarif élitiste le cantonne à une cible très restreinte d’amoureux de la marque.
Samyang AF 60-180 mm f/2,8 : un bon élève, mais loin du premier de la classe
Difficile de reprocher grand-chose à un télézoom f/2,8 vendu sous les 1000 € et pesant à peine 730 g. Samyang et Schneider-Kreuznach signent ici l’optique la plus compacte de sa catégorie en monture E, avec un piqué au centre très convaincant et un flou d’arrière-plan particulièrement soigné.
Reste que ce positionnement tarifaire se paie ailleurs. L’homogénéité laisse à désirer à 60 mm, les distorsions sont très visibles à fond de zoom et l’autofocus STM montre ses limites dès que le sujet s’anime vraiment. Pour un objectif dont la plage focale traditionnellement dédiée au sport, cela n’est pas forcément anecdotique.

C’est finalement en photo de reportage, de portrait ou de spectacle que ce 60-180 mm trouve sa place, plutôt qu’au bord d’un terrain. Un usage où sa légèreté fait la différence sur une longue journée, et où ses défauts optiques passent largement inaperçus.
À ce tarif, l’équation reste difficile à prendre en défaut – même si son grand rival le Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VC VXD G2 peut se retrouver au même prix aux grés des remises . Ce Samyang ne prétend pas rivaliser avec les meilleurs télézooms du marché : il propose simplement d’y accéder pour (presque) la moitié de leur prix, et c’est déjà beaucoup. C’est notamment en monture L qu’il se démarque, en proposant une alternative crédible et surtout très accessible face à une concurrence plus limitée et plus chère.
LeSamyang AF 60-180 mm f/2,8 est disponible sur la monture Sony E au tarif de 999 € et en monture L au tarif de 1049 €.
Vous retrouverez cet objectif chez MN Photo Vidéo, IPLN, Digixo, Digit-Photo et chez les revendeurs spécialisés.



