Mise à jour 02/09/2026 : le tribunal administratif de Caen suspend la décision de la Ville de Deauville et ordonne que l’image de Jehad Alshrafi soit réinstallée. Dans un communiqué, la Ville se dit « surprise par cette décision », prise afin de « préserver la tranquillité et l’ordre public », évoquant des « dégradations par des tags, régulièrement effacés par les services de la Ville ». Elle rappelle que l’œuvre avait été « exposée librement en plein centre-ville pendant plus de deux mois ».
Exposée depuis juin dans le cadre du Deauville Sport Images Festival, une image du photojournaliste palestinien Jehad Alshrafi (Associated Press) a été discrètement retirée à la mi-août. L’affaire, révélée par Le Pays d’Auge, interroge la place du photojournalisme dans l’espace public.

Sur ce cliché pris le 14 février 2026 et exposé à Deauville dans le cadre du « best of » de l’année sportive écoulée, deux clubs gazaouis, le Gaza Sports Club et l’Al-Ahly Club, disputent un match sur un terrain aménagé par la Fédération palestinienne de football dans le camp de Jabalia, la pelouse synthétique tranchant avec les immeubles en ruines à l’arrière-plan. L’image figurait parmi les quelque 300 photographies du festival, exposées jusqu’au 6 septembre sur des totems installés dans la ville.
Le 20 août, Sylvain Larcher, secrétaire de la section locale du Parti socialiste, constate qu’elle a été remplacée par un cliché de cyclistes. Interrogé par France 3 Normandie, il défend la liberté d’expression et des festivals à l’abri de toute pression.

De son côté, la municipalité dirigée par Philippe Augier (Horizons) assume un retrait préventif. « Nous ne voulons pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit », explique-t-elle au Pays d’Auge, tout en reconnaissant, selon l’AFP, que l’image n’avait rien de militant et s’inscrivait pleinement dans le propos de l’exposition. Interrogé par l’AFP, le cabinet du maire explique que ce retrait ne constitue « ni un jugement sur son contenu ni une remise en cause de sa valeur artistique ou documentaire »,.

La mairie invoque un simple « souci d’apaisement » et dément toute pression extérieure. Le député du Calvados Arthur Delaporte (PS) exige la réinstallation immédiate de la photographie et des excuses de la mairie.
Un épisode qui rappelle la fragilité des expositions photo en plein air : sans les murs d’une galerie, une image documentaire peut être décrochée du jour au lendemain, au premier signe de gêne.



