Du 4 au 6 septembre 2026, la Fujikina s’installe pour la première fois à Paris, au Palais Brongniart. Après trois éditions arlésiennes, Fujifilm voit plus grand pour le Bicentenaire de la Photographie : quatre expositions inédites, dont la plus importante rétrospective jamais consacrée aux archives couleur de Magnum Photos, des conférences et masterclasses avec des photographes comme Alec Soth, Tom Hegen ou Jonas Rask, des sorties photo dans Paris et le traditionnel Touch & Try. Le tout à partir de 10 € la journée.

Le concept, lancé par Fujifilm en 2022, a d’abord fait étape à Tokyo, New York, Berlin et Stockholm avant de trouver son ancrage français à Arles. Trois éditions y ont rassemblé plus de 7 500 visiteurs pendant les Rencontres. Pour cette première parisienne, la marque a choisi la rentrée et un lieu chargé de symboles : l’ancienne Bourse de Paris, place de la Bourse, dans le 2e arrondissement.
2026 marque également les 200 ans de la première image permanente fixée par Nicéphore Niépce. La Fujikina Paris figure parmi les premiers grands événements labellisés par le ministère de la Culture au titre du Bicentenaire de la Photographie. Fujifilm s’est d’ailleurs entouré pour l’occasion de deux institutions patrimoniales de poids : Magnum Photos et la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP).
L’affiche rend hommage à la photographie avec le fameux saut au parapluie d’Elliott Erwitt devant la tour Eiffel. Clin d’œil dans le clin d’œil, l’image a été réinterprétée par Tristan Shu, ambassadeur Fujifilm, dont on pourra comparer la version à l’originale sur place.

Quatre expositions, deux siècles de photographie
Pour le Bicentenaire, la Fujikina ne se contente pas de célébrer Fujifilm : elle déroule près de deux siècles de photographie. Quatre expositions se répondent, des fonds patrimoniaux de la MPP aux archives couleur de Magnum, jusqu’au retour sur quinze ans de Série X.
Magnum : A World In Color, les archives couleur sorties de leur sommeil
Depuis mars 2025, Magnum Photos, Fujifilm et la MPP ont entrepris de numériser les archives couleur de l’agence, conservées au fort de Saint-Cyr et restées largement inaccessibles pendant des décennies. Au total, ce sont près de 43 000 planches-contacts et quelque 650 000 diapositives, couvrant les années 1950 à 2000, qui sont numérisées avec le moyen format GFX100 II.

Chaque étape européenne de la Fujikina (Prague, Milan, Bruxelles, Arles, Cologne, Londres, Copenhague) a donné lieu à un chapitre d’exposition puisant dans ces fonds, complété de nouvelles commandes.
Paris réunit pour la première fois les sept chapitres en un seul parcours. On y retrouve les regards de Rafal Milach, Alec Soth, Myriam Boulos, Gregory Halpern, Cristina de Middel, Thomas Dworzak, Olivia Arthur, Mark Power et Jonas Bendiksen. Pour qui a manqué les éditions précédentes, c’est l’occasion de voir l’ensemble d’un bloc.
Magnum : Youth, la jeunesse selon Alex Webb et Alec Soth
Les habitués de la Fujikina Arles reconnaîtront Las Calles: In the Spirit of Youth d’Alex Webb, présentée cet été dans la cité camarguaise. Elle arrive à Paris dans une version inédite. Le photographe américain, qui arpente le Mexique depuis plus de cinquante ans, y confronte ses archives d’Oaxaca à une série récente sur la jeunesse des mêmes rues. Quarante ans séparent certaines images, la lumière incandescente reste.

En regard, Alec Soth signe Three Teens, portrait intime de trois adolescents (Toby, JD et Gus) d’un lycée alternatif de Saint Paul. Il les suit jusque dans leurs chambres et leurs univers intérieurs. Loin du discours convenu sur une génération sacrifiée, l’auteur de Sleeping by the Mississippi y cherche ce qui résiste : la capacité à inventer, à aimer, à se définir.

À noter également, la publication collective Magnum Chronicles: Gen Z, pour laquelle dix photographes de l’agence brossent un portrait mondial de la génération Z.
Histoire de Portrait(s) : la MPP ouvre ses fonds
Gardienne du patrimoine photographique de l’État, la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP) conserve près de 25 millions d’images, qu’elle montre rarement à cette échelle.


Pour la Fujikina, la MPP signe une traversée de deux siècles de portrait français. On y croise Nadar, qui photographia Victor Hugo jusque sur son lit de mort, et le pionnier Adolphe Dallemagne.


Suivent les éclairages ciselés du Studio Harcourt (Joséphine Baker, Jean Gabin, Brigitte Bardot) et les stars saisies par Sam Lévin. S’y ajoutent Christine Spengler, Éric Bouvet et sa fresque « Hexagone », Denise Colomb, André Kertész ou encore Willy Ronis. Du Second Empire à la fin du XXe siècle, une histoire du genre en visages.
15 ans de Série X, l’histoire d’une gamme de boîtiers devenue culte
La dernière exposition regarde dans le rétroviseur de la marque elle-même. En 2011, le X100 et son viseur hybride créaient presque malgré eux un nouveau segment, celui du compact expert à l’esthétique rétro, et lançaient la Série X.



Quinze ans plus tard, Fujifilm déroule cette aventure à travers les images de photographes qui font vivre ses boîtiers, d’Éric Bouvet à Mindy Tan en passant par Tomasz Lazar. C’est aussi dans cette exposition qu’est accrochée la relecture de l’affiche d’Elliott Erwitt par Tristan Shu, présentée sur place.
Conférences : du beau monde, et en accès libre
Bonne nouvelle : l’intégralité du cycle de conférences est comprise dans le billet d’entrée. Dans l’auditorium principal (580 places), trois grandes conférences sont programmées le vendredi, puis cinq par jour le week-end.
Au programme : Alec Soth (qui cumule donc exposition et prise de parole), le photojournaliste portugais Mário Cruz, lauréat du World Press Photo, l’Allemand Tom Hegen et ses paysages aériens, le Danois Jonas Rask, figure de la street photography suivie par plusieurs millions de personnes, ou encore Éric Bouvet, quarante ans de conflits au compteur.
Les médias ne sont pas en reste : Lionel Charrier, chef du service photo de Libération, viendra parler d’édition photo de presse, et Fisheye animera deux tables rondes sur les nouvelles écritures de l’image et les réseaux sociaux.
Un second auditorium de 85 places accueille en parallèle six rencontres quotidiennes en comité plus restreint avec les ambassadeurs français de la marque : Laura Bonnefous, Magali Delporte, Ljubiša Danilović, Juliette Pavy (photographe de l’année aux SWPA 2024), Jean-Louis Courtinat ou encore Julien Rocheblave.
Le programme détaillé est à retrouver sur le site fujikina-paris2026.fr.
Masterclasses et sorties photo : place à la pratique
Pour passer derrière le viseur, deux formats. Les masterclasses d’abord : six sessions par jour, 3 h 30 chacune, limitées à dix participants, animées par Malo, Ioannis Tsouloulis, Bert Stephani, Éric Bouvet, Laura Bonnefous, Maxime Stange et Julien Apruzzese. Comptez 100 € la session, sur réservation. Les places partiront vite.

Plus accessibles, les sorties photo transforment le quartier de la Bourse en terrain de jeu : six départs quotidiens depuis le Palais Brongniart, encadrés par Mathias Benguigui, Loris Durenne, Julien Rocheblave ou Éric Bouvet. Quinze places par sortie, inscription gratuite sur place le matin même. Mieux vaut arriver tôt.
Matériel à l’essai, capteurs nettoyés
Comme à Arles, la Fujikina reste une immense séance de Touch & Try : toutes les gammes Série X et GFX sont en libre manipulation, avec le prêt de boîtiers pendant une heure pour aller shooter en conditions réelles dans le quartier.

Un Studio Démo permet d’assister à des prises de vue commentées par les ambassadeurs, et un espace partenaires réunit l’écosystème autour de Fujifilm : Sigma, Tamron, Profoto, Cambo, Eizo, Capture One, SmallRig, ainsi que l’ENSP d’Arles.
Bon à savoir : le nettoyage de capteur est offert aux utilisateurs Fujifilm pendant toute la durée de l’événement. L’univers instax a droit à son espace dédié, avec une expo, un photocall et l’avant-première de la nouvelle borne instax Spot. En parallèle, le revendeur Panajou installe une boutique éphémère et Fujifilm ouvre un showroom dédié à l’impression, du tirage d’épreuve aux grands formats.
Comment participer à la Fujikina Paris ?
La Fujikina Paris a lieu du 4 au 6 septembre 2026. Comptez 10 € la journée (samedi ou dimanche), 15 € le week-end et 25 € le pass Premium 3 jours, le seul qui donne accès à la soirée d’ouverture du vendredi (15h – 19h). Les étudiants bénéficient de -50 %.
Expositions, conférences, démonstrations, prêts de matériel et nettoyage de capteur sont compris dans le billet ; seules les masterclasses sont payantes en supplément.
Informations pratiques :
Fujikina Paris 2026
Palais Brongniart, place de la Bourse, 75002 Paris
Du 4 au 6 septembre 2026
Retrouvez le programme complet et la billetterie sur fujikina-paris2026.fr


