Perseides photographier étoiles filantes
30s ISO 2500 - Canon EOS 6D - © mLu.fotos / Flickr

Perséides 2026 : dernières nuits pour photographier les étoiles filantes

Mise à jour le 19 août 2026

Il n’existe pas un réglage unique pour photographier une étoile filante. Le temps de pose dépend de la focale utilisée, la sensibilité de la tolérance au bruit de votre boîtier, l’ouverture de ce que permet votre objectif. Une focale 14 mm autorise une trentaine de secondes avant que les étoiles ne se mettent à filer, un 35 mm à peine plus de quinze. C’est ce qui rend l’exercice déroutant quand on débute, et ce qui explique que les valeurs trouvées sur le web se contredisent.

Le pic des Perséides 2026 est passé dans la nuit du 12 au 13 août, mais l’essaim reste actif jusqu’au 24 août environ : il vous reste quelques nuits pour essayer. Quel objectif choisir, comment calculer son temps de pose, jusqu’où monter en ISO, comment faire la mise au point sur des étoiles et où pointer son boîtier : voici la méthode complète, réglage par réglage.

Ciel étoilé avec la Voie lactée
Sony A7 III – Samyang AF 24 mm f/1,8 FE – 10,0 s – ƒ / 1,8 – ISO 3200 – © Damien Roué

L’essentiel en bref

  • Jusqu’à quand ? Le 24 août environ, fin de la période d’activité de l’essaim. Comptez quelques météores par heure, contre une centaine au pic.
  • Quelle nuit ? Celles qui précèdent le premier quartier du 20 août, quand la Lune se couche encore tôt. Après, visez la première partie de nuit.
  • Où regarder ? Vers le nord-est, en direction de la constellation de Persée, en deuxième partie de nuit.
  • Quel matériel ? Un boîtier en mode manuel, un grand angle lumineux, un trépied, une télécommande ou un intervallomètre.
  • Quels réglages ? Ouverture maximale, 15 à 25 secondes selon la focale, 1600 à 3200 ISO, mise au point manuelle. Le détail de chaque paramètre est expliqué dans notre guide complet pour photographier la Voie lactée et les étoiles filantes.

Peut-on encore voir les Perséides après le 13 août ?

Oui, mais le rythme n’a plus rien à voir. La période d’activité des Perséides s’étend de la mi-juillet au 24 août environ. Au pic, le 13 août, on parle d’un taux horaire zénithal proche de 100 dans des conditions idéales, soit environ 100 étoiles filantes visibles par heure. Une semaine plus tard, comptez plutôt quelques météores par heure, avec des périodes creuses de plusieurs minutes. Les météores les plus brillants, eux, restent possibles à n’importe quel moment de la période.

Autrement dit : ne partez pas avec l’idée de remplir une carte mémoire d’étoiles filantes. Partez plutôt avec l’idée de photographier la voûte céleste, et considérez chaque météore capté comme un bonus. C’est aussi une bonne façon de se faire la main avant les Orionides d’octobre et les Géminides de décembre.

Voie lactée avec un premier plan de montagne qui donne l'échelle
© Christian Cruzado – 18 mm – f/3.5 – 70 sec – ISO 3200

Quand photographier les Perséides : la Lune décide de tout

Après la nouvelle lune du 12 août, notre satellite regrossit : le premier quartier tombe le 20 août à 4 h 46, et la pleine lune le 28 août (source : calendrier lunaire IMCCE). Concrètement, dans les nuits qui viennent, la Lune se couche encore en première partie de nuit et laisse le ciel noir ensuite. C’est la fenêtre à viser. Passé le premier quartier, elle reste haute de plus en plus tard et vient laver le ciel de sa lumière : les images perdront en contraste.

Deuxième variable, tout aussi décisive : la pollution lumineuse. Depuis une ville, l’exercice est perdu d’avance. Une carte comme lightpollutionmap.info permet de repérer en quelques minutes le point sombre le plus proche de chez vous. Trente minutes de voiture suffisent souvent à changer complètement le résultat.

Où pointer l’objectif : trouver le radiant des Perséides

Les météores peuvent apparaître partout dans le ciel, mais leurs trajectoires semblent toutes diverger d’un même point, le radiant, situé dans la constellation de Persée (d’où le nom des Perséides). Pour la repérer, cherchez d’abord Cassiopée et son W caractéristique, puis descendez légèrement. La deuxième partie de nuit reste la plus favorable, quand le radiant est monté au-dessus de l’horizon nord-est.

Carte du ciel situant le radiant des Perséides entre les constellations de Persée et de Cassiopée

Un conseil de composition, souvent négligé : ne cadrez pas uniquement le ciel. Un premier plan fort, un arbre isolé, une crête, une ruine, une silhouette, donne une échelle et transforme un fond étoilé en photographie. Visez le sud pour le cœur de la Voie lactée, encore bien placé en soirée jusqu’à fin septembre.

Enfin, laissez votre appareil déclencher. Une étoile filante n’arrive pas sur commande : programmez votre intervallomètre sur des poses en rafale continue pendant une heure, et faites le tri au retour. C’est de loin la méthode la plus efficace, et elle vous laisse le temps de regarder le ciel plutôt que l’écran.

Le matériel et les réglages en résumé

Un reflex ou un hybride avec des réglages manuels suffit. Il vous faut un objectif grand angle et lumineux, entre 14 et 24 mm en plein format ouvert à f/1,8 ou f/2,8, un trépied stable, une télécommande ou un intervallomètre, et une lampe frontale à LED rouge qui préserve votre vision nocturne. Prévoyez une batterie de rechange : les poses longues répétées les vident vite, même en août.

Côté réglages, ouvrez au maximum, montez entre 1600 et 3200 ISO, shootez en RAW et faites la mise au point manuellement, à la loupe, sur une étoile brillante. Pour le temps de pose, divisez 500 par votre focale en équivalent plein format : cela donne la durée maximale avant que les étoiles ne se transforment en traits. Un 20 mm autorise environ 25 secondes, un 35 mm à peine plus de quinze.

Chacun de ces paramètres, et la raison qui le justifie, est détaillé dans notre guide complet sur la photo de Voie lactée et d’étoiles filantes, avec le tableau des temps de pose focale par focale.

Des applications pour préparer sa sortie

Sky Guide sur iOS et Stellarium Mobile sur Android affichent en réalité augmentée la carte du ciel dans la direction où vous pointez le téléphone, ce qui rend le repérage du radiant immédiat. PhotoPills, payante, va plus loin en calculant la position de la Voie lactée à une date et un lieu donnés, ce qui permet de repérer un cadrage en plein jour et de revenir la nuit tombée. Pensez à activer le mode nuit ou un filtre rouge sur votre écran.

Pour aller plus loin

Notre Mercredi Pratique consacré à la Voie lactée et aux étoiles filantes détaille toute la technique, réglage par réglage. Pour ceux qui veulent passer à l’empilement d’images, au suivi équatorial et au traitement dédié, notre guide d’initiation à l’astrophotographie prend le relais.

Questions fréquentes

Jusqu’à quand peut-on photographier les Perséides en 2026 ?

Jusqu’au 24 août environ, date de fin de la période d’activité de l’essaim. Le taux horaire décline fortement après le pic du 12 au 13 août, mais le ciel d’été reste favorable à la photographie de la voûte céleste bien au-delà.

Peut-on photographier une étoile filante avec un smartphone ?

Les modes nuit des smartphones récents produisent des ciels étoilés convaincants sur trépied, avec des poses de 15 à 30 secondes. Capter un météore reste beaucoup plus aléatoire : le traitement computationnel a tendance à lisser un événement aussi bref. Utilisez si possible un mode pro avec pose et ISO manuels, et enregistrez en RAW.

Quel objectif pour photographier les étoiles filantes ?

Un grand angle lumineux, typiquement 14 à 24 mm ouvrant à f/2,8 ou mieux en plein format, 10 à 16 mm en APS-C. Le champ large augmente mécaniquement les chances qu’un météore traverse le cadre, et la grande ouverture compense la faible luminosité du sujet.

Comment éviter que les étoiles soient floues ?

Deux causes distinctes. Si toutes les étoiles sont étirées dans le même sens, la pose est trop longue : appliquez la règle des 500. Si elles sont uniformément empâtées, c’est la mise au point : repassez en manuel et affinez à la loupe sur une étoile brillante.

Où se trouve le radiant des Perséides ?

Dans la constellation de Persée, au nord-est. Le repère le plus simple est le W de Cassiopée, bien visible en deuxième partie de nuit : le radiant se situe juste en dessous de sa branche basse.

Faut-il viser directement le radiant ?

Non, et c’est même contre-productif. Les météores proches du radiant apparaissent très courts, vus en raccourci. Cadrez à 30 ou 40 degrés à côté : les traînées y sont plus longues et plus spectaculaires.

Il reste donc quelques nuits pour clore la saison des Perséides 2026. Prévoyez de quoi grignoter et une petite laine : même en août, une nuit d’observation immobile refroidit vite.