Mise à jour 07/08/2026 : Luminar Neo passe en version 1.28 et se renomme Luminar. Plus d’informations dans cet article.
Faciliter la retouche photo et offrir des résultats professionnels aux photographes, quel que soit leur niveau d’expertise : telle est l’ambition de Luminar, le logiciel bien connu proposé par Skylum depuis 2022.
S’il inclut de nombreux outils « classiques » d’édition, il se démarque par son intégration très poussée de l’intelligence artificielle, destinée aux différentes disciplines photographiques (portrait, paysage, et bien plus). On dispose ainsi d’outils avancés pour supprimer des imperfections de la peau en un clic, ajouter un effet bokeh, voire remplacer le ciel d’une photo.
Dans la pratique, le logiciel tient-il son pari ? Est-il de taille à remplacer Lightroom Classic ? Voici notre test de Luminar.

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Sommaire
- Luminar : un seul logiciel pour le post-traitement photo ?
- Catalogue : un explorateur de fichiers plutôt basique
- Préréglages : la retouche simplifiée intelligente
- Une interface de retouche classique
- Retouche de base
- Ciel AI : l’une des fonctions les plus efficaces de Luminar
- Bokeh AI, Atmosphere AI, Structure AI, Supercontrast : pour aller plus loin avec vos photos de paysage
- Profondeur de la lumière : le Dodge & Burn facilité
- Photos de portrait : suppression des imperfections, ajout de bokeh, lumière studio et bien plus
- Gestion des calques : Luminar, rival de Photoshop ?
- Gomme générative, suppression de l’arrière-plan, des lignes électriques et des poussières : moins, c’est mieux
- Assistant IA : un guide intelligent pour la retouche photo ?
- Spaces : une galerie personnalisée en ligne
- Un compagnon mobile pour Luminar
- Tarifs de Luminar : une licence à vie… à un détail près
- Conclusion : Luminar, la retouche photo simplifiée
Luminar : un seul logiciel pour le post-traitement photo ?
Les fidèles lecteurs de Phototrend s’en souviennent peut-être : anciennement nommé Macphun, l’éditeur ukrainien Skylum s’était fait connaître avec des solutions telles qu’Aurora HDR (2015), Photolemur (2017) ou AirMagic (2019). De leur côté, Luminar (2016), puis LuminarAI (2020), ont formé le socle de Luminar Neo (renommé « Luminar » en août 2026), dont la première version a été lancée début 2022. Tous ces logiciels ont une ambition commune : offrir des résultats spectaculaires en quelques clics. Un positionnement assez différent des programmes d’Adobe souvent plus complexes à maîtriser.

Le logiciel de Skylum en est aujourd’hui à la version 1.28, sortie en août 2026. Il repose sur des modules IA faciles à identifier : remplacement de ciel (Sky AI), retouche de portrait (Face AI, Skin AI), ajout de bokeh (Bokeh AI), gestion de la profondeur (Light Depth) ou encore outils génératifs (GenErase, GenSwap, GenExpand) pour effacer, remplacer ou étendre une zone de l’image.
Luminar est disponible pour macOS (version 11 et au-delà) et Windows (10 et 11), et peut également fonctionner comme plugin pour Lightroom Classic, Photoshop et l’appli Photos de macOS. Une version mobile est également disponible pour iOS, Android et ChromeOS avec synchronisation des retouches. Il est proposé en licence perpétuelle (avec mises à jour sous forme de pass saisonnier), des ressources supplémentaires étant proposées en achats uniques.

Autant de points que nous développerons au cours de ce test.
Catalogue : un explorateur de fichiers plutôt basique
Par défaut, Luminar s’ouvre directement sur l’interface de retouche, et affiche la dernière image traitée. Le logiciel est pourtant doté d’un Catalogue, destiné au classement des photos avant la retouche, comme plusieurs de ses concurrents (Lightroom Classic, DxO PhotoLab 9, Evoto 7…).
L’interface est assez classique. On retrouve plusieurs zones : barre de navigation en haut, panneau de gestion à gauche (barre de recherche, rubriques rapides, dossiers et albums), zone d’affichage en grille ou image unique au centre, panneau d’informations et outils génératifs à droite. Les panneaux ne sont pas redimensionnables ; toutefois, il est possible de masquer la barre latérale de droite.

Pour retoucher une image, il suffit de doubler-cliquer dessus, ou de cliquer sur le bouton « Outils » rangé dans la barre tout à droite de la fenêtre. Introduite avec la version 1.28 du logiciel, elle donne également accès aux préréglages (voir plus loin), à l’historique des retouches, aux outils avancés (IA générative, fusion HDR ou panoramique…) et aux données EXIF.

L’affichage des données EXIF est désactivé par défaut. Pour les faire apparaître, il convient d’appuyer sur le bouton « Infos » dans la barre latérale de droite. Problème : à elles seules, elles occupent un pan entier de la colonne de droite, qui paraît donc assez vide. Autre souci : ladite colonne réduit la zone d’affichage des photos (en mode catalogue) ou masque les outils de retouche. Un système d’infobulle (comme sur DxO PhotoLab) aurait sans doute été plus pratique.

Depuis l’arrivée de Luminar 1.28, la barre supérieure a été simplifiée et gagne en clarté. D’une simple barre de menus à 3 entrées (Catalogue, Préréglages, Édition), on passe à un fil d’Ariane indiquant le chemin d’accès à la photo ainsi que le type de fichier en cours de retouche.

Par défaut, Luminar ne fusionne pas automatiquement les versions JPEG et RAW d’une même image. Heureusement, un détour par le menu « Affichage » permet de corriger cela. Seul (vrai) problème : en fonction de son ordinateur, la création des aperçus pour les fichiers RAW peut être très lente (voire se bloquer).

À l’instar de Lightroom, Luminar se base sur un catalogue central, placé par défaut dans le dossier Images de l’ordinateur. Pour ajouter ses images, deux méthodes sont possibles :
- les ajouter une par une, en faisant un glisser-déposer depuis l’explorateur de fichiers
- importer un dossier entier (avec ou sans sous-dossiers). Problème : si on ajoute beaucoup de dossiers, la liste devient rapidement interminable.

Le logiciel n’écrase pas l’arborescence ; les images sont traitées de manière non destructive. On peut également ranger ses photos dans des albums, afin de regrouper des images issues de dossiers différents. Plusieurs raccourcis sont bien pensés : ils permettent notamment de retrouver les images récemment ajoutées ou éditées, ou celles modifiées via l’application mobile.

S’il est bien possible d’appliquer des notes, des marqueurs ou de créer des copies virtuelles, Luminar manque clairement d’outils plus spécifiques : pas de collections ni d’aperçus dynamiques, pas de mots-clés hiérarchiques, ou encore un moteur de recherche rudimentaire. En clair, si la photothèque dépasse quelques milliers d’images, l’organisation peut devenir assez fastidieuse. Le système de filtres, logé tout en bas à droite de la fenêtre, n’est pas accessible.

Par ailleurs, si on a importé des photos depuis un disque externe, et que ce dernier est déconnecté, le logiciel se contente d’afficher un message « fichier introuvable »… mais n’indique pas le nom du répertoire ou du disque dans lequel il se trouve. De ce point de vue, Lightroom Classic fait bien mieux.

À noter que la version 1.27.1 (en bêta) ajoute une fonction d’importation des catalogues de Lightroom Classic (photos, dossiers, albums, notes et retouches de base). Une façon de faciliter la migration pour les utilisateurs d’Adobe… mais qui, pour l’instant, ne comble pas l’écart en termes de fonctionnalités.
Préréglages : la retouche simplifiée intelligente
Pour celles et ceux voulant simplement donner plus de personnalité à leurs images, Luminar accorde une grande place aux Préréglages. Ces derniers font l’objet d’une entrée dédiée dans la colonne tout à droite de la fenêtre. Un grand nombre d’options s’affichent. Le logiciel propose une sélection de préréglages spécialement adaptés à la photo dans la rubrique « Pour cette photo ». Néanmoins, aucun moteur de recherche n’est présent. Pour pallier ce manque, l’Assistant IA (voir plus loin) est bien pratique.

Lorsque l’on a cliqué sur le préréglage de son choix, l’outil propose différentes déclinaisons, et crée un pré-rendu des retouches sur une version en basse définition de l’image. Il ne reste plus qu’à choisir son rendu préféré en survolant son nom avec la souris, et le logiciel applique l’effet sur la photo. Un curseur permet de régler l’intensité de la retouche.

Bien sûr, il est possible de créer ses propres presets à partir des retouches que l’on a appliquées à ses photos, qui seront ensuite directement accessibles depuis la rubrique « mes paramètres prédéfinis ». Pour autant, l’opération est un peu cachée : il faut cliquer sur l’icône aux trois petits points en bas à gauche de la fenêtre, et cliquer sur « enregistrer comme paramètre prédéfini.»

Pour aller plus loin, il est possible d’acheter des packs de préréglages dans la boutique de Luminar (rubrique « Extras »). Ces packs sont proposés aussi bien par Luminar que par des photographes utilisant le logiciel.

Toutefois, ces différents presets manquent parfois de subtilité, et ne remplacent pas vraiment la retouche « classique » de la photo. Heureusement, il est toujours possible d’affiner ses modifications via les nombreux outils présents dans le panneau Édition, mais nous y reviendrons.
Une interface de retouche classique
L’interface de retouche de Luminar est facile à prendre en main. Elle rappelle beaucoup Lightroom Classic ou DxO PhotoLab. L’image est affichée en grand au centre. La pellicule s’affiche en bas, et les outils de retouche sont tous regroupés à droite.

Les menus dans la barre supérieure permettent d’alterner rapidement entre le catalogue, les préréglages et les outils d’édition. Tout à droite, deux boutons donnent accès à la fenêtre des « Extras » (voir plus haut) et au module d’exportation. La barre de gauche est uniquement dédiée aux calques… et paraît un peu vide.
En bas de la fenêtre, on retrouve toutes les commandes habituelles de gestion des images : ajout d’une note à une photo, ajustement du niveau de zoom, désactivation temporaire de toutes les modifications en un clic, etc. Si un mode avant/après avec glissière est présent, les modes de comparaison côte à côte sont absents.

À l’usage, le logiciel se montre très simple à utiliser. Pour visualiser rapidement (ou annuler) les retouches ayant été appliquées à l’image, il suffit d’utiliser le bouton « Retouches » dans la colonne à droite de la fenêtre. Notez qu’il n’est pas possible de désactiver temporairement un outil sans devoir le réinitialiser.

Dans l’onglet « outils », les modules de retouche sont regroupés par grandes familles : « outils de base », « paysage », « créatif », « portrait » ou encore « professionnel ». En cliquant sur le nom de chaque outil, on accède aux curseurs de retouche. Difficile de faire plus clair.



Chaque outil peut être mis en favori – la liste de ces derniers s’affichant en haut de la colonne de droite. Dommage qu’aucune barre de recherche dédiée aux outils ne soit présente.

Par ailleurs, une petite icône « i » permet d’afficher une infobulle expliquant le fonctionnement du module. Le logiciel est entièrement disponible en français. Élève Luminar, mention très bien.
Notez que les outils avancés ont été déplacés : ils ne plus sont accessibles depuis le catalogue, mais via un bouton « Extra » dans la colonne à droite de la fenêtre. On y retrouve les outils liés à l’IA générative (Gomme générative, agrandissement génératif…) mais aussi les outils liés à la création de panorama, à la fusion d’images en HDR ou au focus stacking. Pour les utiliser, il suffit de faire glisser une ou plusieurs images vers le module de son choix. Une fois le traitement terminé, les nouvelles images sont rangées dans un nouveau dossier.

Retouche de base
La retouche « basique » d’une photo dans Luminar peut se faire de plusieurs façons. La plus simple consiste à utiliser l’outil « Amélioration AI ». Grâce à deux curseurs (Accent et Embellisseur de ciel), on peut ajouter très facilement de la personnalité à ses images, en les réexposant intelligemment.

L’autre méthode, plus classique, consiste à utiliser les outils du module Développement. Au-delà d’un bouton « réglage automatique » (qui peut donner de très bons résultats), on dispose des outils habituels du dématriçage RAW : réglage de l’exposition, hautes et basses lumières, niveaux, courbes, netteté, réduction du bruit, etc.

Bon point : l’outil regroupe aussi des options pour corriger automatiquement les aberrations optiques (distorsions, aberrations chromatiques, vignettage). Dommage qu’elles ne soient pas appliquées automatiquement ! Les outils d’étalonnage colorimétrique sont rangés ailleurs, dans le menu « couleur ». Plusieurs rubriques permettent aussi d’accentuer les détails, ou encore d’utiliser l’IA pour corriger un manque de piqué dans l’image.

Néanmoins, les Fujistes seront désappointés : les simulations de film des appareils Fujifilm ne sont pas reconnues par le logiciel, et sont effacées. Il faut donc les recréer à la main en utilisant les outils de retouche.


On passera rapidement sur le menu « Recadrer ». On peut changer le ratio de l’image, passer d’un cadre vertical à horizontal, corriger l’horizon, ou appliquer un effet de symétrie. Un outil « Composition AI » est censé choisir le cadrage le plus approprié : il paraîtra assez gadget aux utilisateurs avancés. D’autant que ses préconisations sont parfois bancales, comme sur l’exemple ci-dessous…

En revanche, les fans d’architecture risquent d’être déçus, car les outils de correction des perspectives (bien cachés dans les corrections optiques) sont très rudimentaires. Certes, on peut décaler sa photo horizontalement ou verticalement, mais aucun outil de redressement des lignes verticales n’est présent.

Enfin, le logiciel dispose d’un système de masques de retouche localisée, disponible dans un second onglet de chaque outil de retouche. On retrouve les grands classiques : pinceau, dégradé linéaire ou radial. Toutefois, Luminar profite aussi d’un système avancé nommé « Mask AI », qui détecte les éléments présents sur l’image (personnes, ciels, bâtiments, véhicules, eau, végétation, sol…) et permet de les sélectionner rapidement. Pour les modifier, il convient de retourner dans l’onglet « Ajustements ».

Si le principe est très séduisant, l’outil est un peu moins intuitif que dans Lightroom Classic car on ne dispose pas d’un panneau de gestion des masques. Ainsi, difficile de gérer plusieurs masques créés avec le même outil (pour des zones différentes). Par ailleurs, les résultats manquent de précision et les portraitistes déploreront l’absence d’options pour créer un masque sur certaines zones spécifiques (cheveux, yeux, lèvres, etc.).

Ciel AI : l’une des fonctions les plus efficaces de Luminar
Ciel AI (aussi nommé Sky AI) est l’une des fonctionnalités phares de Luminar. On peut ainsi remplacer facilement un ciel banal par un autre, beaucoup plus graphique et photogénique. Le tout, sans jamais avoir recours à des masques.

Dans le détail, l’outil détecte automatiquement le ciel sur l’image. On peut ensuite choisir un ciel grâce à de petites vignettes. Les ciels proposés sont rangés par catégorie : ciel bleu, ciel dramatique, coucher du soleil, ciel étoilé, et bien plus. Là aussi, il est possible d’acheter des packs de ciel depuis la boutique en ligne de Luminar.


Et les résultats sont bluffants. D’autant que le logiciel recalcule automatiquement les teintes des éléments environnants. Mieux encore, le module est capable de prendre en compte les reflets du ciel dans l’eau. Sur l’exemple ci-dessous, le « nouveau » ciel vient se refléter de manière réaliste dans le plan d’eau au premier plan.

Des curseurs permettent d’ajuster la position du « nouveau » ciel, d’affiner le rééclairage de la scène ou des personnes, voire de flouter légèrement le ciel, d’ajouter du grain ou de la brume atmosphérique. Dans tous les cas, cet outil s’avère particulièrement impressionnant… et pose un certain nombre de questions sur ce qui est une « vraie » photo !

Notez que le logiciel propose aussi un module « Amélioration de la pénombre », qui permet de modifier l’aspect d’un ciel nocturne. Sur l’exemple ci-dessous, nous avons rajouté une teinte violette à cette photo de la voûte céleste.

Bokeh AI, Atmosphere AI, Structure AI, Supercontrast : pour aller plus loin avec vos photos de paysage
Skylum met en avant plusieurs outils avancés pour le paysage. Parmi eux, le module Bokeh AI, ajouté au printemps 2026 et fonctionne très bien. Point notable, il n’est pas seulement réservé aux images de portrait, mais est applicable à n’importe quelle photo pour simuler un flou d’arrière-plan : un paysage, un objet posé sur une table, un animal de compagnie, etc.

On peut ainsi simuler une faible profondeur de champ, indépendamment de l’objectif utilisé ou de la distance entre le sujet et son arrière-plan. Enfin, cinq formes de bokeh sont proposées (rond, ovale, hexagonal, en cœur ou en étoile) pour insuffler plus de créativité à ses images.






En parallèle, Atmosphere AI ajoute de la brume ou du brouillard sur une image. En utilisant une cartographie de profondeur par IA, l’outil ajoute l’effet de manière réaliste, sans noyer le sujet principal. Un curseur de profondeur permet de rapprocher ou d’éloigner l’effet du premier plan. L’idée est assez amusante, mais pourrait paraître un peu inutile. En outre, la traduction des types de brouillard n’est pas très explicite (« brouillard », « niveaux de brouillard », « brume » et « brume »).

De son côté, Structure AI permet de jouer sur le détail et la clarté d’une image. Si on pousse le curseur vers la droite, il accentue les contrastes locaux ; vers la gauche, les détails sont lissés et adoucis. L’outil est « content-aware » et « human-aware », indique l’éditeur : même en poussant le curseur à fond, le visage et la peau ne sont pas affectés par la retouche, afin de garder un rendu naturel.

Enfin, Supercontrast offre un contrôle avancé des contrastes. L’outil décompose l’image en trois zones : hautes lumières, tons moyens et ombres. Il est possible d’ajuster finement les contrastes pour chacune de ces zones. Par ailleurs, trois curseurs d’équilibre complémentaire permettent d’affiner les portions de l’image affectées par la retouche. Certes assez technique, l’outil est pertinent pour renforcer la dynamique d’une image, sans la dénaturer.

Profondeur de la lumière : le Dodge & Burn facilité
L’outil Profondeur de la lumière est sans doute l’un des outils les plus intéressants de Luminar. Derrière ce nom se cache un outil très puissant, qui permet de donner du relief aux images éclairées de manière trop uniforme.


On peut ainsi recréer très facilement un effet Dodge & Burn, en ajoutant de la lumière là où elle devrait naturellement tomber, et en creusant les ombres pour restituer une impression de volume et d’espace. Pour ce faire, l’outil s’appuie sur une cartographie de profondeur par IA, qui analyse la distance et la structure des différents plans de l’image.

L’effet s’applique en temps réel dès que l’on pousse le curseur Quantité au-dessus de zéro. Et les résultats sont au rendez-vous ajoutant instantanément une vraie profondeur à n’importe quelle image, du portrait au paysage en passant par l’urbex.


Cependant, l’outil s’avère complexe à appréhender avec des images aux éclairages « complexes », car il tend à vouloir éclairer davantage l’arrière-plan que le sujet. De même, le détourage du sujet peut parfois manquer de subtilité.


Pour aller plus loin, on peut modifier le rendu en jouant avec le masque de profondeur (qui permet de modifier la position de la lumière dans l’image). On peut aussi modifier la douceur de la transition, la chaleur de la lumière, ou encore la luminosité et la température des plans proches ou lointains.

À noter que Light Depth remplace l’ancien outil Relight AI, dont les réglages déjà appliqués restent modifiables.
Parmi les autres fonctionnalités marquantes, mentionnons aussi « Éclairage magique », qui détecte automatiquement les sources de lumière (comme les réverbères) pour ajouter un effet starburst – dont la taille et l’intensité sont variables.

Photos de portrait : suppression des imperfections, ajout de bokeh, lumière studio et bien plus
Luminar fait aussi la part belle aux photographies de portrait, avec 5 modules dédiés. L’IA détecte automatiquement les traits du visage. Seule condition préalable : il faut que ce dernier occupe au moins 25 % du cadre, indique l’éditeur. Les photos de groupe sont également gérées, avec la possibilité de retoucher chaque visage individuellement.
En premier lieu, attardons-nous sur le module Visage AI (Face AI). Il permet d’améliorer l’exposition du visage, d’agrandir les yeux, voire de changer la couleur de l’iris, d’ajouter du rouge à lèvres ou de blanchir les dents. On y trouve aussi la suppression des cernes, dont l’algorithme livre un rendu très naturel, sans effet « poupée de cire ».

Il est aussi possible de retirer l’effet yeux rouges ou d’améliorer les sourcils, mais on ne dispose d’aucune option pour retirer les reflets des lunettes. De même, Luminar ne permet pas (à ce jour) d’adoucir ou de retirer les rides du sujet, ou de changer l’expression faciale. De ce point de vue, un concurrent comme Evoto garde une petite longueur d’avance.
En second lieu, mentionnons le module Peau AI (Skin AI), dédié notamment à la suppression des imperfections. Quatre curseurs permettent aisément de lisser la peau du visage et du corps, de réduire les zones brillantes (sur le front, par exemple), et surtout de supprimer les boutons et autres points noirs.


Sur le terrain, l’effet s’avère assez réussi. Cela étant, les imperfections au niveau du cou restent ignorées par le logiciel, y compris lorsque l’on étend manuellement la zone de retouche avec les outils de masquage. De même, l’effet du curseur « Effacer la brillance » n’est pas très probant, même lorsqu’il est poussé à fond.


Le module Corps AI (Body AI) est le moins bien loti, puisqu’il ne regroupe que 2 curseurs : le premier pour affiner ou élargir le torse, le second pour aplanir le ventre du sujet.
Pour compléter cet ensemble, le module Lumière studio vise à recréer des jeux de lumière habituellement réservés à un « vrai » studio photo. Le principe repose sur des sources de lumière que l’on positionne à la main grâce à des points. En les rapprochant ou en les éloignant du sujet, on change la manière dont la lumière vient l’éclairer – comme si on déplaçait un flash ou une boîte à lumière. Bluffant.

Pour aller encore plus loin, on peut ajouter une texture ou un motif (bandes, points). Attention toutefois, en poussant trop loin la modification d’un fichier, un effet de postérisation peut parfois apparaître, notamment en traitant des JPEG.

Enfin, le module Surexposition dynamique vise (comme son nom ne l’indique pas) à reproduire l’esthétique high key où le sujet est légèrement surexposé pour un rendu lumineux, doux et peu contrasté, apprécié en photo de mode. Un mode standard agit sur l’ensemble de l’image, et un mode dynamique tient compte des tons de peau pour préserver un rendu naturel.

Gestion des calques : Luminar, rival de Photoshop ?
Luminar intègre un véritable système de calques, accessible via le gros bouton « + » dans la barre de gauche. On peut ainsi ajouter à son image un second cliché, ou l’un des effets de lumière fournis (bokeh, flare, fuites lumineuses…). Une fois le calque sélectionné, la barre de droite donne accès aux modes de fusion, à l’opacité, à la symétrie ou encore au masquage. De quoi rappeler franchement Photoshop ! Dans tous les cas, il s’agit d’un bon moyen d’ajouter très facilement des effets à ses images. Assez discrète, la fonction gagnerait à être davantage mise en avant.

Autre possibilité : détourer un ou plusieurs éléments d’une image (voir plus loin). En revanche, il est impossible de copier l’élément détouré en tant que calque sur une autre photo, ce qui rend l’opération assez fastidieuse.
Gomme générative, suppression de l’arrière-plan, des lignes électriques et des poussières : moins, c’est mieux
Luminar dispose de plusieurs outils destinés à la suppression des éléments gênants d’une image. La fonction « vedette » est la Gomme générative, accessible directement depuis le Catalogue. Face à ses concurrents (Lightroom Classic, DxO PhotoLab), l’outil dispose de moins d’options pour sélectionner le sujet : un pinceau et puis c’est tout.

La suppression des éléments indésirables est rapide (sauf exception). Mais les résultats sont aléatoires. Sur le premier exemple ci-dessous, la suppression des passants a parfaitement fonctionné et le résultat est très crédible.


Néanmoins, à plusieurs reprises, le logiciel a remplacé l’élément indésirable par une grande tache grise sans rapport avec le contexte.


En parallèle, on dispose d’une fonction de suppression de l’arrière-plan en un clic, accessible depuis le panneau « Propriétés couche » (qui aurait vraiment dû s’appeler « Propriétés calques » pour plus de clarté).
Le système détecte automatiquement le sujet et ses contours : il suffit de cliquer sur « supprimer » pour que l’arrière-plan soit éliminé. On peut ensuite exporter l’image en PNG pour préserver la transparence. L’opération est particulièrement rapide… mais le détourage manque parfois de précision !

Le module Effacer dispose notamment d’un outil de suppression automatique des câbles aériens (fils téléphoniques ou électriques, caténaires, etc.). Une attention bienvenue pour les photographes de paysage. Les résultats sont hélas assez inégaux. Sur un ciel dégagé, les lignes sont effacées efficacement malgré quelques artefacts.


Si l’arrière-plan est plus chargé, l’outil a tendance à produire beaucoup d’aberrations. Dommage.


On profite également d’un outil de suppression en un clic des taches laissées par la poussière sur le capteur de son boîtier. Une fonction déjà croisée dans DxO PureRAW 6, notamment. L’analyse et la suppression prennent quelques secondes. Les résultats sont (globalement) efficaces… sans plus. Si la majorité des taches sont bien supprimées, certaines restent présentes dans le cadre.


Assistant IA : un guide intelligent pour la retouche photo ?
Introduit en janvier 2026, l’Assistant IA est une aide à la retouche intégrée à Luminar. Pour l’activer, il suffit de cliquer sur la petite bulle située tout en bas à gauche, et d’entrer une question (comment faire pour… ?) ou une instruction précise. Une connexion Internet est requise pour analyser les requêtes et traiter les images dans le Cloud.
Au bout d’une dizaine de secondes de réflexion, l’IA propose trois retouches différentes, et explique sa démarche via un court paragraphe, en détaillant les outils utilisés. C’est une bonne manière de faire connaissance avec les différents modules de retouche du logiciel, tout en obtenant rapidement un résultat adapté à sa photo et à ses goûts.
Dans la pratique, l’outil se montre particulièrement efficace, et apporte une réelle plus-value à Luminar. Sur des requêtes assez simples (« donne un look rétro à cette image, façon photo noir et blanc des années 1960 »), le logiciel peut donner d’excellents résultats, avec des photos immédiatement exportables.

En revanche, des instructions plus spécifiques (« éclaircis l’ensemble, sauf les zones les plus claires au fond de l’image : elles doivent être moins surexposées ») peuvent parfois poser quelques difficultés au moteur d’IA, et il convient souvent de poursuivre les retouches à la main pour obtenir le rendu souhaité.

Dans tous les cas, l’Assistant IA incarne sans doute le futur de la retouche photo, avec une série d’instructions pour modifier son image – tout en laissant la possibilité de peaufiner le rendu manuellement.
Spaces : une galerie personnalisée en ligne
Luminar propose également une fonction Spaces, pensée pour partager ses images en ligne. Le principe : on sélectionne des photos dans l’application, on les exporte vers un album virtuel qui se synchronise automatiquement avec son compte Skylum. Depuis un navigateur web (mais pas depuis le logiciel, étrange), il est possible de donner un titre à l’album, réordonner les photos, régler l’affichage des métadonnées ou encore autoriser (ou non) le téléchargement des images.

Une fois satisfait, il suffit de publier pour obtenir un lien public unique à diffuser. Pratique pour montrer sa progression, recueillir des retours, ou se constituer un mini-portfolio à présenter à de potentiels clients. Chaque Space peut contenir jusqu’à 200 photos, et se retrouve listé dans le panneau de gauche, sous les dossiers et albums.

Il s’agit d’une fonctionnalité très pratique pour présenter son travail photographique facilement, sans devoir passer par une solution tierce.
Un compagnon mobile pour Luminar
Skylum décline aussi son logiciel en une version mobile, appelée simplement Luminar. Elle est disponible pour iPhone, iPad, Android, ChromeOS et même pour le casque Apple Vision Pro. L’application reprend l’essentiel de la philosophie du logiciel desktop, mais avec une interface pensée pour l’écran tactile. La synchronisation des retouches entre desktop et mobile est proposée – avec, également, la possibilité d’importer ses photos depuis Google Photos.

L’appli gère l’édition des fichiers RAW, avec le contrôle que cela suppose sur l’exposition, la balance des blancs et le détail. On retrouve aussi plusieurs outils phares de la version bureau : Enhance AI, Light Depth, Sky AI et Atmosphere AI, ainsi que les modules portrait (Skin AI, Face AI, Body AI). S’ajoutent les classiques : recadrage, courbes, gomme, presets, etc. L’interface de retouche est agréable à l’œil et facile à utiliser. Mention spéciale aux filtres intégrés, qui rappellent les pellicules d’antan.



Néanmoins, le tarif de Luminar mobile a de quoi faire grincer des dents : 7 € par semaine, 24 € par an ou 39 € pour une licence « à vie ». Seule manière de contourner cela : acquérir un Ecosystem Pass (voir partie suivante).
Tarifs de Luminar : une licence à vie… à un détail près
Luminar est disponible sous forme de licence perpétuelle. Soit un excellent point par rapport aux solutions nécessitant un abonnement annuel ou mensuel. Plusieurs formules sont proposées :
- la licence à vie Luminar (ordinateur uniquement) est disponible à 129 € ;
- la licence à vie Luminar multi-appareils (ordinateur + mobile avec synchronisation des retouches) s’affiche à 159 € ;
- la formule à vie Luminar Max (ordinateur + mobile + bibliothèque d’effets créatifs incluant presets, LUTs, et tutoriels) est vendue à 199 €.

🔥🔥🔥 Bon plan Phototrend : utilisez le code PHOTOTREND20 pour 20 % de remise supplémentaire, cumulable avec les offres Skylum en cours.
Néanmoins, cette licence perpétuelle « fige » la version à un instant T. Pour recevoir les mises à jour de fonctionnalités (qui sont lancées deux fois par an, au printemps et à l’automne), il faut repasser à la caisse via un système de « Pass » :
- l’Upgrade Pass, proposé à 49 €, donne accès à la mise à jour de la période concernée et aux outils génératifs jusqu’à fin 2026, mais n’inclut pas l’édition cross-device ni les futures mises à jour saisonnières ;
- l’Ecosystem Pass, disponible à 69 €, rajoute un accès à Luminar Mobile, aux Spaces et à la synchronisation des retouches. Il permet ainsi de passer d’un desktop seul à l’écosystème multi-appareils mis en avant par Skylum.
La promesse d’une licence à vie est donc bien tenue… mais est valable uniquement pour le « socle » du logiciel. Pour rester à jour et profiter des dernières fonctionnalités, l’éditeur incite donc à acquérir un pass saisonnier, lequel ressemble fort à un abonnement déguisé.
Notez aussi que les ressources supplémentaires (presets, ciels, incrustations…) sont proposées en achat unique, leur tarif variant de 15 à 29 €.
Comme indiqué plus haut, l’application Luminar pour smartphones et tablettes est disponible « à part », à partir de 7 € par semaine. Elle est également incluse dans l’Ecosystem Pass. Enfin, les outils d’IA générative sont utilisables pendant un an après l’achat d’une licence.
Conclusion : Luminar, la retouche photo simplifiée
À l’heure du bilan, Luminar nous laisse une impression positive. Pensé pour les passionnés de photographie, le logiciel tient son pari : celui de faire gagner du temps et de simplifier considérablement la retouche photo.
Sa proposition de valeur repose sur 3 piliers principaux : des résultats convaincants en quelques clics grâce à des outils IA bien pensés, un modèle « sans abonnement » (ou presque), qui contraste avec le Creative Cloud d’Adobe, et un écosystème ordinateur + mobile avec synchronisation des retouches.
Après l’avoir testé sur notre collection de photos, Luminar s’en tire avec les honneurs. Le logiciel permet de révéler le potentiel de ses images sans opérations fastidieuses, en limitant le plus possible l’utilisation de masques de retouche localisée. Certains outils comme Amélioration AI, Profondeur de la lumière, ou encore Peau AI et Visage AI sont particulièrement efficaces pour améliorer en quelques clics ses photos de portrait, de paysage ou d’urbex. Sauf exception, le rendu est naturel et prêt à être exporté.

Côté ergonomie, le logiciel se montre très facile à prendre en main. Les outils sont rangés par grandes familles et de (très) nombreuses infobulles expliquent leur fonctionnement. Les presets facilitent l’utilisation par les néophytes. Mention spéciale à l’Assistant IA, qui fournit 3 propositions de retouche et indique les outils utilisés.
Pour autant, tout n’est pas parfait et certains manques sont assez flagrants. Côté Catalogue, on regrette l’absence de collections dynamiques ou d’un moteur de recherche plus avancé. Lorsqu’on importe un grand nombre de dossiers, l’organisation peut devenir très fastidieuse. Côté retouche, difficile de redresser les perspectives : les fans d’architecture risquent d’être déçus. Si les fonctions IA sont généralement très pertinentes, les résultats livrés par la Gomme générative sont très inégaux.
Côté tarifs, la promesse d’un logiciel 100 % « sans abonnement » est tenue… jusqu’à un certain point seulement. En effet, il est figé dans le temps au moment de l’achat ; pour profiter des dernières nouveautés, un pass saisonnier est nécessaire. L’application mobile, certes pertinente, nécessite d’être acquise à part… ou via un pass saisonnier, là aussi – un système d’abonnement qui ne dit pas son nom, rétorqueront certains.
Au final, Luminar s’avère très pertinent pour celles et ceux voulant gagner en simplicité et en efficacité par rapport au combo classique Lightroom + Photoshop. Il incarne donc une alternative crédible aux solutions d’Adobe, tout en étant proposé à un tarif (un peu) plus doux.
Enfin, notez qu’une version d’essai gratuite, valable 7 jours, est à télécharger sur le site de l’éditeur.
Luminar est disponible à partir de 99 € pour une licence unique perpétuelle.






