En photo, la lumière est un élément central de la prise de vue. Quand celle ci n’est pas suffisante ou quand on veut la modifier, il existe différentes techniques dont une des plus simples (de prime abord seulement) est le flash. Je vais essayer dans cet article de développer l’intérêt d’un flash, puis vous expliquer les différents types de flash pour enfin me focaliser sur ce qui vous intéresse : comment en tirer parti et quand l’utiliser.

Pourquoi utiliser un flash ?

Lorsque vous souhaitez prendre une image particulière ou lorsque vous voulez créer une atmosphère bien spécifique, la lumière est primordiale et il arrive souvent que la lumière naturelle ne vous convienne pas au moment de la prise de vue.  Il est difficile de la modifier (changement d’angle, utilisation de réflecteur…) mais des alternatives offrent aux photographes la possibilité de combler un manque, d’amplifier certaines zones ou au contraire de les gommer.

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C’est ce qu’offre le flash en cas principalement de trop faible lumière : en émettant une lumière puissante et dirigée vers le sujet, on éclaire celui ci et on permet à l’appareil de prendre la photo sans utiliser un temps de pose trop long (surtout pour des sujets qui bougent). Le flash permet donc de fixer plus facilement un sujet en mouvement. Le supplément de lumière fait gagner en vitesse d’obturation et évite dans une certaine mesure la création de flou. Il peut aussi être utilisé pour « déboucher » les ombres, dans le cas d’un contre jour par exemple : c’est la technique du fill-in.

Enfin le flash est un outil majeur de la photographie de studio. Nombreux, placés sur pied et/ou sur l’appareil, amplifiés, redirigés, atténués, diffusés… ils sont maniés pour recréer totalement la lumière comme le photographe la souhaite. L’éclairage en studio mérite à lui seul un Mercredi Pratique, je vais me concentrer sur les flash principalement, en survolant son usage studio.

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Parlons rapidement théorie. D’abord la puissance du flash est exprimée en nombre guide. Il correspond à une puissance par rapport à la focale et au diaphragme. Pour les matheux, un petit tour sur Wikipedia vous permettra de faire le calcul vous même. D’autre part, il faut préciser que la vitesse d’obturation d’une image prise avec flash ne peut être trop rapide. Si la vitesse est supérieure à un certain seuil (vitesse de synchro flash, de 1/125 à 1/250 selon les boîtiers – 1/200 pour mon D80), le flash n’éclaire pas entièrement le capteur mais seulement une partie, créant sur l’image une zone éclairée et le reste sombre. La aussi, je vous renvoie vers Wikipedia pour les détails.

Je voudrais ajouter que le flash, s’il est un outil génial et parfois indispensable, a quelques inconvénients, dont le premier est de vite gêner les personnes photographiées. Il faut essayer de ne pas trop les harceler avec un flash trop puissant ou vous risquez de les lasser, voir énerver. C’est également un très gros consommateur d’énergie, privilégiez les piles à usage unique puissantes (les rechargeables peuvent avoir une longue durée de vie et manquent souvent de punch) et pensez aux piles de rechange !

Quel type de flash choisir ?

La plupart des appareils photos ont un flash intégré, qu’il soit minuscule et intégré au compact ou légèrement plus efficace sur un reflex. Mais ces modèles se montrent vite limités. Il existe alors deux principales catégories de flash, avec chacune leurs caractéristiques propres  : le flash reportage et  le flash de studio.

Le flash reportage

Egalement appelé flash cobra, il se fixe sur l’appareil (à ma connaissance, on peut en monter sur certains bridges et tous les reflex) et se déclenche au moment de la prise de vue, remplaçant le flash intégré. Il peut être couplé avec d’autres flash déportés, branchés sur l’appareil ou posés sur un support. Il offre une puissance suffisante dans la plupart des situations et surtout est facile à utiliser en toutes circonstances.

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Le SB 700, une valeur sûre et relativement accessible pour les Nikonistes

Le flash de studio

En studio, la lumière est le plus souvent entièrement artificielle, préparée pour une prise de vue particulière. Des spots sont utilisés dans la plupart des cas mais le flash est un bon complément. Il est le plus souvent accompagné de divers accessoires : réflecteur, diffuseur, parapluie… Vous pouvez même trouver des kits, comme celui-ci, pour de la photo d’objets.

Bien utiliser son flash

Maîtriser la lumière est une des choses les plus difficiles en photo, et j’avoue être encore en plein apprentissage. Le flash fait parti des éléments qui prennent du temps à comprendre et maîtriser, et qui au début font même rater des photos.

Parmi les différentes possibilités offertes par le flash, la plus importante, surtout dans un cadre hors studio, est la puissance qu’il apporte par rapport au flash intégré. Dans une ambiance très sombre, la nuit comme lors de soirées avec de multiples lumières, il permet de prendre des images de personnes ou de lieux mal éclairés. Dans le cas de personnes d’ailleurs, on oublie aussi trop souvent qu’il permet d’éviter les yeux rouges ! En étant déporté par rapport à l’axe de prise de vue , la rétine ne reflète plus les lumières rouges; ceci est d’autant plus vrai si l’on combine au mode anti – yeux rouges (un léger flash précède la prise de vue pour contracter la rétine du sujet).

Comme présentée plus haut, une autre technique que je trouve particulièrement intéressante est le fill-in. Ce serait trop long de vraiment la développer (un autre thème de MP ?) mais je vais tout de même rapidement vous la présenter. Ce mot anglais que l’on pourrait traduire par « déboucher » correspond à la technique qui permet d’utiliser le flash pour « remplir » de lumière une zone sous éclairée par rapport au reste de la photo. L’usage du flash dans ces conditions peut dérouter (« Il y a assez de lumière, pourquoi mettre le flash ? »), mais il permet d’éclairer des zones d’ombres dues à un trop plein de lumière ou à un angle de prise de vue difficile. Dans l’exemple ci dessous, le flash éclaire le visage et toute la face avant de la personne : sans ce fill-in, la photo aurait simplement montrée une silhouette noire se découpant dans le soleil.

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Le flash peut se déclencher à deux moments : à la fin de l’ouverture du 1er rideau de l’obturateur (soit au moment où le capteur devient entièrement visible) ou juste avant le recouvrement par le deuxième rideau. De manière générale, on utilise la première méthode, efficace dans la plupart des cas. Avec un réglage automatique, c’est en tout cas ce que choisit l’appareil pour vous. Mais lors de poses un peu plus longues, cela peut créer des traînées lumineuses : en choisissant de déclencher à la fin de l’obturation, le flash va figer la scène dans ses derniers instants et éviter un flou derrière les sujets. Faites des essais, ce n’est pas évident !

Il est aussi très intéressant d’utiliser plusieurs flash et de les déporter. Les flash récents milieu ou haut de gamme sont capables d’être déclenchés à distance. Ainsi, vous pouvez les placer comme vous le souhaitez autour du sujet : vers le plafond pour diffuser la lumière, à l’inverse de la lumière naturelle pour supprimer des ombres (ou en créer)… Je n’ai personnellement qu’un flash, mais il m’arrive d’utiliser le flash intégré du boîtier et mon flash reportage simultanément, en plaçant à distance ce dernier pour déboucher les ombres ou diffuser la lumière au plafond. Sur la photo suivante, le photographe a pu, avec deux flash déportés, prendre cette image à l’ambiance assez fascinante. D’ailleurs je vous conseille d’aller sur la page de la photo pour lire dans le détail les étapes de sa préparation (il y a même un flash dans la main de la mariée !).

Voilà un exemple de photo prise avec des éclairages artificielles, puis une vue d’ensemble de la préparation. Là aussi, n’hésitez pas à aller voir la page Flickr de la photo, l’auteur détaille son installation.

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Et enfin un exemple de boîtier bien équipé, avec un flash cobra principal et un 2e déporté pour le fill-in :

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Pour aller plus loin, je vous conseille :

Et pour conclure, j’aimerai soulever deux points :

  • En détournant le matériel on arrive parfois à faire des photos plus poétiques qu’avec un usage classique :

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  • Sachez aussi qu’il peut y avoir certains avantages à travailler avec un réflecteur pour modifier la lumière 😉 :

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