C’est un article un peu spécial que je vous ai préparé aujourd’hui. En effet Phototrend vous présente son premier interview ! De manière générale, nous n’en sommes pas friands, tout simplement car d’autres sites ont plus d’expérience que nous et qu’un bon interview n’est pas facile à mener pour que le lecteur en retire quelque chose. Nous avons donc invité Frédéric Bourret, jeune photographe qui vient de publier son premier livre photo : « Réflexions New Yorkaises ».

Bonjour Frédéric, avant tout bienvenue à toi sur Phototrend !

Bonjour à vous et merci à Phototrend pour cet interview.

Avant de commencer, peux-tu nous en dire plus sur ton parcours, et surtout sur ce qui t’a amené à la photographie ?

Je suis un autodidacte en matière de photographie, même si j’avais dans mon entourage des personnes très calées en la matière. Après, on commence par une photo, puis une autre et comme certaines ont de l’intérêt (enfin d’après les critiques 🙂 ) j’ai continué jusqu’à être publié.

Reflexions new yorkaises couv

Mais comment passe-t-on du stade de photographe disons « amateur talentueux » au photographe publié ?

Merci pour cet adjectif talentueux 🙂 Disons, que je n’ai pas forcément peur des critiques, donc je montre mon travail aisément. Donc, une expo, puis une autre et ainsi de suite, on pense que son travail a une certaine valeur (relative bien entendu). Après un éditeur dit banco et voila le livre édité.

En voyant ton livre, la première question qui me vient à l’esprit est : Pourquoi New York ?

C’est une bonne question. Je vivais à New York en fait, j’y ai passé 5 ans entre 1997 et 2007. La ville se prête à la photo. Elle est toujours en mouvement, le vieil adage qui stipule que la ville ne dort jamais est vrai. Et paradoxalement, ce mouvement se prête merveilleusement à la photo. On crée un mouvement, une dynamique sur un support figé.

Reflexions new yorkaises reflet

Parlons un peu matériel : quel matériel utilises-tu et pourquoi ? Comment pourrais-tu définir la relation qui existe avec ton appareil ?

Au niveau matériel… au risque d’en décevoir certains qui prônent la course à l’équipement, j’ai utilisé de très petits appareils. 50% des photos issues du livre, ont été prises avec un Nikon Coolpix 5900. Il y a certaines photos qui se prêtent mieux au shooting spontané, avec un appareil de « l’instant », et non avec 4 kilos de matos, avec zoom et autres !

Donc, pour revenir à la question, j’ai utilisé des « point and shoot » rudimentaires mais drôlement efficaces, des bridges (que j’aime beaucoup) jusqu’au D90 qui est mon matériel en ce moment. J’aime bien mon appareil, mais si je trouve mieux, je change et je ne les garde pas.

Tu n’es pas accroché à une marque particulière donc ?

Je dirais Nikon pour la vitesse du mécanisme, mais si on me propose un Canon tout aussi correct, je suis preneur, quelque soit la marque.

Lors de tes photoshoots, comment t’y prends-tu pour avoir la « bonne » photo, ou en tout cas celle que tu veux ?

Je suis plutôt à l’instinct et il y a des jours ou je peux avoir la meilleure volonté du monde, je n’arrive à rien même en 6 heures. Par contre quand je suis dans de bonnes dispositions, il peut y avoir 3 à 4 voire 5 photos de « qualité » en 1 heure. J’aime particulièrement être seul.

Etre seul, est-ce ta façon de trouver l’inspiration ?

Oui clairement, il faut observer, regarder, apercevoir, en bref être à l’affut et être très réactif. Etre seul permet d’avoir une certaine concentration.

Reflexions new yorkaises flaque

Maintenant passons au post traitement : parle nous des logiciels que tu utilises et de ton approche des retouches une fois les photos prises.

Je ne retouche aucune photo, parfois un recadrage minime mais c’est rare.

Comment décrirais-tu ton livre ? Tu décris ta vision de NY comme différente, peux tu nous en dire plus ?

On a l’habitude de voir New York toujours grouillant de monde et le New York que j’ai photographié se veut vide et calme (l’heure y fait beaucoup, certaines photos ont été prises vers 7h du mat). C’est ce calme, ce New York vidé de ces personnages que j’ai voulu capturer. Un peu pour redonner ses lettres de noblesse à cette ville qui peut être d’une architecture incroyable si on prend le temps de regarder, de voir et d’apprécier. Et puis j’ai plutôt un esprit mathématique, donc les photos en sont imprégnées 🙂

Oui notamment celles avec des reflets ou des symétries (flaques, vitres…)…

Oui j’adore jouer avec l’œil du contemplateur, et j’aime que les gens prennent une, voire 10 secondes à repérer le haut du bas, la gauche de la droite. Et les surfaces réfléchissantes sont un de mes terrains de jeu favori.

Reflexions new yorkaises building

Le mot de la fin ?

Je suis content que certaines de mes photos provoquent des émotions, c’est la beauté d’une photo, on peut la regarder une fois, dix fois, cent fois et toujours apercevoir un détail que l’on n’a pas vu la première fois. Surtout, un peu à la manière d’une peinture, la photo se regarde différemment suivant l’humeur et la disposition.

Merci à Phototrend pour ces questions.

Parlons du livre lui même maintenant :

J’ai eu l’occasion de l’avoir entre les mains (merci Frédéric !) : de très belle facture, il donne envie de le feuilleter régulièrement. Une seule lecture ne suffit d’ailleurs pas à bien s’imprégner des photos.

Il est composé de deux parties : la première se concentre sur un New York vidé de sa foule, sur la ville elle-même, son urbanisme, ses rues et son parc – l’eau (flaque, lac, cours d’eau) y est très présente; la seconde se focalise sur le jeu de symétrie et de perspectives (« Réflexion linéaire »). Etant déjà allé à New York, je suis d’autant plus sensible au choix fait par Frédéric : c’est une ville différente, prise sous un autre jour, un autre angle, un NY que l’on a pas l’habitude de voir. Je trouve personnellement les photos très belles. Toutes ne me touchent pas de la même manière, c’est évident, mais certaines me fascinent. Il y a notamment des jeux de reflets qui déroutent notre vision et nous obligent à détailler l’image, la déchiffrer pour la comprendre – comme par exemples les pages 8, 12 ou 14 de son ebook. Finalement le seul reproche que j’aurai concerne le format : le livre est trop petit à mon goût et les photos mériteraient des tirages plus grands.

J’ai pu ce week end le montrer à quelques personnes de mon entourage et leurs retours sont également très positifs. Ceux qui ne prennent pas le temps de lire la préface sont surpris pas le parti pris de ces images et ne reconnaissent pas le New York qu’ils se font à travers les films et les photos habituels ; ceux qui y sont allés m’expliquent qu’ils ont l’impression d’y retourner « différemment » ; d’autres enfin accrochent particulièrement sur la deuxième partie et le travail de symétrie / géométrie.

Vous trouverez son livre à la Fnac, et dans différentes librairies. D’ailleurs, le deuxième volume est en préparation, avec cette fois un angle encore différent ; vous entendrez donc encore parler de lui ici !

PS : les photos sont issues de son ebook, version online et raccourcie de son livre. Je vous laisse le découvrir ici pour vous faire une idée. Et son site se trouve .

PPS : on me dit à l’oreille qu’un concours se prépare sur Phototrend en partenariat avec Frédéric Bourret …